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mardi 6 septembre 2016

Nos matins bleus

Bon! Fils, toi et moi, nous ne sommes pas du matin. 
Je vois que tu acquiesces. Très bien.
Donc, étant donné que ni toi ni moi ne sommes en phase pour des politesses et des sourires béats, jouons le jeu à fond. 
Moi le matin, j'ai envie de t'éventrer et toi le matin, tu as envie de m'égorger, soit! 

Evitons-nous.

Alors de sept heures à huit heures, je te propose de te lever, d'aller faire pipi, de choisir de beaux vêtements ou juste des vêtements à ta taille, de te brosser les dents, de te faire ton petit déj'. 
Ah oui, étant donné que je n'ai pas la patience pour toi, je n'en ai pas plus pour petit frère, donc, je te propose, une fois que tu auras accompli toutes ces tâches, de réveiller ton petit frère, de le mettre sur le pot, de lui brosser les dents, de l'habiller et de lui préparer son petit-déjeuner, pendant que moi, je me prélasse dans un bain et que je fais couler mon café en surfant sur le net...

Ah oui, tu n'es pas plus du matin que moi, oui, on a un problème... Laisses-moi trente secondes trouver une alternative à notre plan.

Fils, deuxième du nom, oui toi, le blondinet, celui qui est toujours cool et de bonne humeur et qui respire la joie de vivre dès le réveil, alors écoutes-moi bien. Pendant que le grimlinz et la mère du grimlinz dorment encore, on a quelques petites missions pour toi...
Pour démarrer la voiture, on fera un petit stage d'apprentissage à la Toussaint...

mardi 29 mars 2016

La télé et le frigo bien rempli

Petite, j'imaginais que si les nazis venaient prendre ma maman, je montais dans le camion pour leur casser la figure. C'était aussi simple que ça.

Mais je savais au fond de moi que c'était fini, que cela n'arriverait plus, qu'on était en sécurité.
En sécurité avec mes parents, avec notre maison, notre télé et le frigo bien rempli.
Je pensais que je ferais de beaux enfants tout en autant en sécurité avec une télé et un frigo bien rempli.
Je pensais qu'ils n'auraient jamais peur et que ce qu'avait vécu Baba ne serait qu'une histoire qu'on raconte pour ne jamais oublier.

Tu as dit que tu irais tuer tous les méchants qui font exploser des gens.
Avec toute ta naïveté et tout ton cœur d'enfant, je sais que tu le penses sincèrement, afin de continuer à te sentir en sécurité avec ta télé et ton frigo bien rempli.

Et moi je pleure parce que je sais maintenant que jamais je ne pourrai monter dans leur camion et leur casser la figure à ces vilains méchants.
Je sais que j'ai peur qu'on perde notre télé et que le frigo soit vide, je sais que j'ai peur de te lâcher la main, je sais que j'ai peur de ne servir à rien.

J'aimerai te dire d'avoir confiance, j'aimerai te dire que tout ça va retomber comme du flan, que tu n'auras pas besoin de te battre pour ta liberté et ta sécurité.
J'aimerai te dire tout ce qu'on a pu me dire quand j'étais enfant, la vie est belle et tu vivras en paix à jamais.

Je vais te le dire quand même, la vie est belle.

mercredi 5 novembre 2014

Samuel t'es un caca!

Et si tu n'avais pas d'amis?
Et si tu avais à vivre ce que j'ai vécu?

Rose elle veut pas jouer avec moi maman... Elle a dit Samuel t'es un caca!

J'ai eu envie de te dire qu'on m'avait surnommée Schrager-Camembert pendant des années mais qu'au final on s'en sort bien, qu'on oublie tout ça, que maintenant j'ai des amis super, qu'en fait j'y pense plus et que maintenant je trouve la rime très drôle...

Mais non, j'ai souffert. J'ai pleuré. J'ai eu mal au ventre. C'est difficile de passer à travers tout ça et ça laisse des cicatrices.
En fait, je fais toujours le même cauchemar, sur les bancs d'école, je donne l'occasion aux autres de se moquer de moi, encore et encore et j'ai à nouveau cette boule au ventre et la nausée et puis surtout j'ai peur.
Oui j'ai appris à me passer du regard des autres, j'ai appris à prendre du recul, j'ai développé un sens de l'humour très autodérision de contre-attaque.
Mais, non, je n'oublierai jamais.

Mais toi, peu importe le regard que l'on peut porter sur toi, peu importe les ragots, les mots blessants et les coups dans le ventre, tes parents t'aiment plus que tout, plus que le néant et plus que l'infini. Même si aujourd'hui, ça te fais une belle jambe, ça t'aidera à dire à Rose que tu n'en à rien à cirer qu'elle ne veuille pas jouer avec toi, de toute manière, toi, tu préfères jouer avec Noah et poil au doigts.

Tu auras peut-être pleins d'amis, tu seras peut-être la star de l'école, tu seras peut-être celui qui se moque. Et là, je te dirai, attention boubou, le populaire, ce n'est pas la place la plus enviable, le jour ou le populaire se casse la queule, la chute est bien plus fracassante!

Fais-ta vie, fais-ta place, ne sois pas un rôle, sois toi et ça ira...

mercredi 7 mai 2014

Le fucking quoi encore?


A ce qu'on m'a dit, il est sain pour toi de nous défier. C'est constructif pour ta personnalité de pouvoir nous dire des horreurs. Des j'vais t'casser la gueule, te mettre au feu maman, te couper la gorge maman, méchante maman, dire à la police et puis te tuer maman, fleurissent ci et là et à ce qu'on m'a dit, ça développe ta personnalité.
Sauf que moi, je suis ta mère juive et ta mère juive, on ne lui parle pas comme ça. Alors problème de personnalité ou pas, tu vas tout de suite changer de ton et surtout de disque et dire à ta mère combien elle est belle, forte et intelligente ou je te jures que je vais te pourrir l'existence jusqu'à ton mariage et bien au-delà en te foutant la honte avec des bisous partout tout le temps, avec des regards suspicieux sur tes amis que tu invites ou simplement à qui tu parles, en racontant toutes tes petites histoires de pipi et de caca, en t'amenant du gâteau fait maison à tes surprise-party, en venant te chercher à minuit pile à tes soirées en prenant bien soin de demander à tout le monde ou tu es, et pire que tout en simulant des arrêts cardiaques chaque fois que tu oses me contredire, tu t'arrangera dans vingt ans avec ton psy. Je te le dis moi, ça c'est du constructif, parce que c'est du prouvé de générations en générations!

Ah oui, étant donné que tu as déjà allumé un grand feu, pour m'y mettre toute entière et qu'on vient de régler la question, tu me fera le plaisir de plutôt y jeter tous ces bouquins de communication non-violente là qui ne me serviront plus, je crois... Merci Ingele.

mardi 25 mars 2014

Méthodes d'éducation

Situation: sur le trajet pour aller chercher Raphaël à la crèche:
- Maman, je veux pas y aller, veux rester dans la voiture!

Premier essai: méthode du parent qui s'intéresse aux désirs et envies de son enfant:
- Mais pourquoi mon chéri?

Invention d'une excuse niveau première maternelle:
- Parce que j'ai peur, elle est méchante la crèche, vais le dire à la police et le monsieur est méchant, là maman, tu le vois?

Deuxième essai: méthode de la mère qui s'inquiète un minimum pour son enfant:
- Mais, je n'aime pas te laisser tout seul dans la voiture, même pour quelques minutes.
- Mais j'suis grand moi maman, vais pas faire des bêtises, vais rester sur mon siège, vais pas enlever la ceinture.

Troisième essai: méthode des bouquins super à la mode de communication non violente de mes fesses que j'avais jetés à la poubelle mais récupérés et rejetés à la poubelle et re-récupérés et que je vais finir par foutre au feu.
- Je comprends mon chéri, tu dois être très fatigué après une journée entière à l'école. Je suis sure que les filles de la crèche seront tellement heureuses de te voir et toi tu seras tellement heureux de pouvoir leur raconter ta journée.
- Non! Veux rester dans la voiture!

Quatrième essai: méthode la mère juive:
- Tu vas venir avec moi, un point c'est tout! C'est maman qui décide! Tu veux quoi? Tu veux tuer ta mère ou quoi? Tu veux qu'elle ait des palpitations à son cœur? Tu veux que ta maman aille chez le docteur parce qu'elle a eu trop peur pour son tout petit ingele d'amour? Aïe, les enfants, vous leur donnez tout et ils osent vous répondre non! Quelle ingratitude!

Résultat:
Tu es resté dans la voiture.

jeudi 26 septembre 2013

Un amour de frangin

Je me serai attendue à tout comme réaction de ta part quand je suis venue te chercher à l'école, à l'annonce de Raphaël est chez bonne-mamie, on va tous bien dormir cette nuit, sauf à ça:
Ou est mon bébé? Je veux mon bébé! Non veux pas rentrer maison sans mon bébé!

Tu pourrais pas juste être jaloux comme tout les grands-frères du monde, plutôt qu'être un fils culpabilisant?

Dis maman, il va revenir bébé?

mercredi 10 juillet 2013

Mickey ou le drame d'une mystérieuse disparition

Depuis une semaine Mickey avait disparu.

- Sam, il est où Mickey?
- Pati Mickey! (avec un haussement d'épaules)
- Non Sam on est sérieux, essayes de te souvenir de ce que tu as fait de Mickey!
- Pati Mickey!
- Sam, fais un effort! Où est Mickey?
- Lé où Mickey maman? Lé où Mickey? Miiiiiiickey! (les larmes arrivent)
- Oui Sam, c'est la question où est Mickey?
- Pati Mickey!

On a tout retourné la maison, on a tout retourné la camionnette de papa, on à tout retourné internet pour trouver le même Mickey, j'ai tout retourné le magasin, j'ai tout retourné un collègue pour qu'il retrouve dans la station service perdue au Luxembourg le même Mickey...
Et finalement jour de miracle papa a retrouvé Mickey rangé bien sagement dans les rangements cachés des fausses cloisons de la camionnette.
Sam quand on te demande où il est Mickey, c'est parce qu'on attends une réponse du style, très chers parents, il me semble que je l'ai rangé dans la camionnette de papa mais ne vous inquiétez pas je vais aller le rechercher. Ah et je vous aime aussi.
Merci de ta compréhension!

mardi 14 mai 2013

Je comtpe jusqu'à trois

- J'ai dit non Sam, tu descends tout de suite!
- Non!
- Je compte jusqu'à trois...

Première phase:
Tu descends tout de suite, je n'ai même pas le temps de terminer ma phrase que tu es déjà en bas, près de moi, me regardant avec amour et attendant bien sagement mon regard affectueux et plein de tendresse.

Seconde phase:
- Je compte jusqu'à trois et si j'arrive à trois avant que tu ne sois redescendu...

"Merde que disais le livre encore? Pas de punition impossible ou plus importantes que la bêtise elle-même, un truc du genre... "

    ... je ne mets pas la musique!

Et tu descends après une courte réflexion ou il t'apparaît plus qu'évident que si tu n'obéis pas immédiatement, tu en ressortirai perdant.

Troisième phase:
- Je compte jusqu'à trois et si j'arrive à trois avant que tu ne sois redescendu, je ne mets pas la musique! Ok, un, deux, ...
- Trois!

Et tu pars dans un fou rire, tu sais que de toutes manières si c'est pas maintenant la musique, ça sera pour dans une heure et tu as raison, j'ai une mémoire de poisson rouge en matière de punitions.

Ce qui nous mène donc à la phase quatre:
-Je compte jusqu'à trois et si j'arrive à trois avant que tu ne sois redescendu, non seulement je ne mets pas la musique mais en plus, je ne te donnes pas de biscuits. Et si j'arrive à quatre, je te prive de desserts. A cinq, pas de compote de pomme que tu aimes tant. Et si pour ton plus grand malheur, j'arrive à six, tu dors sans doudou et tutute ce soir!

Celui qui a écrit dans ce foutu bouquin, qu'on ne punit pas un enfant qui n'obéit pas, en le privant de dessert, ou de nourriture ou de doudou, n'a pas d'enfant! Parce qu'au final, expérimentation faite, rien de tel qu'une bonne menace de punition bien cruelle pour faire redescendre un enfant d'un escalier plus que dangereux! Et puis sinon, à quoi serviraient les psy?

A la phase cinq, je te jettes sous la douche froide, à bon entendeur, bisous!

Et pour la phase six, laisses-moi encore un peu de temps pour réflexion...

mercredi 13 mars 2013

Susie

Il faut que je te parle de Susie. Parce qu'on a tous besoin d'une Susie dans notre vie. Je crois dur comme fer que tu trouveras la tienne.

Susie, c'est mon repère, c'est mon Amérique à moi -dans tous les sens du terme-
Susie, c'était des rires pour rien et pour tout. Susie, j'aime ces cinq lettres autant qu'elle pouvait les détester. De Susie il me reste une photo où elle sourit genée une main devant l'objectif, talk to the hand. Il me reste aussi ces souvenirs si précieux de rots, de bagues retrouvées dans les oreilles, de lapins qui livrent des cadeaux et qui sonnent même aux portes, de chansons, de somewhere over the rainbow et de l'arc-en-ciel qui pourra me ramener chez moi.
Susie, elle a peur de l'avion et refuse même de penser, d'envisager peut-être de le prendre un jour. Susie elle carbure au café, elle ne mange jamais devant personne, sa voiture est un musée, on y retrouve des vestiges d'il y a une vingtaine d'années.
Susie m'a appris à rire de moi, rire de la vie, rire de ce qui est grave. Susie voit de la magie partout et des dons exceptionnels en chaque enfants. Un scraboutcha sur les murs, une oeuvre d'art et les cris de ma mère suite à cette oeuvre d'art, un déni manifeste de mon incroyable talent naissant. Une flaque d'eau où se reflète un arc-en-ciel, la porte d'un monde incroyable et nouveau. Et tiens-toi bien boubou, Peter Pan existe vraiment.

Les parents c'est une chose, la famille et les amis, une autre. Une Susie, un Peter Pan dans un corps d'adulte, ç'en est encore une autre. Trouves-ta Susie mon boubou, mets de la magie dans ta vie! Fais des bulles dans le tram -comme mon ami Baloo- colles les bonbons sur tes doigts et manges-les en bavant, dessines sur les murs -pas les miens, ceux de ta grand-mère juste pour rire- Inventes des vies aux gens que tu croises dans la rue, continues à poser ce regard naïf sur la laideur de la vie et la bêtise humaine, le plus longtemps possible.
Ne pas vouloir devenir adulte trop vite, c'est devenir adulte quelque part.

jeudi 22 novembre 2012

Fait divers

Oh mais qu'est ce qui t'es arrivée? Ton nez?

Cette phrase je l'ai entendue tout la journée.

Voici la vérité: tu es un monstre sanguinaire tueur de maman.

Hum, oui, j'ai voulu brosser les dents de Sam, il n'a visiblement pas apprécié et il s'est rué sur mon nez. Il y a planté ses petites griffes acérées et il m'a lacéré le nez. Oui je sais, c'est moche. L'infection me pendait au nez -c'est le cas de le dire- alors fouillant avec frénésie la pharmacie familiale, je n'ai trouvé que de l'éosine rouge et des sparadraps Mickey, je me suis dit que ça fera l'affaire pour m'éviter une mort certaine suite à une scepticémie violente. Vous savez, j'aime mon fils mais j'ai peur.

De toi à moi petit monstre, fais gaffe, moi je mords!
Et puis mon père il est policier et il te mettra dans une grande prison!
Na!

lundi 8 octobre 2012

Le cycle de la vie

Ta grand-mère m'avait dit j'espère que tes enfants te feront tourner en bourrique comme tu me fais tourner en bourrique. Et je disais d'abord j'aurai même pas d'enfants.

Bon, soit, perdu, j'ai eu un enfant. Et bon soit, encore, oui, tu me fais tourner en bourrique.

Là tu vois, ta grand-mère fait la jigue de nananinanère.

Donc boubou, je crois qu'elle et toi avez mis au point un plan d'attaque, parce que ça sent trop la vangeance:
cette espèce de capacité de foutre un salon sans dessus-dessous en même pas cinq secondes, ça c'est du moi petite!
Le jeté d'assiette, ça c'est du moi petite!
Le mama mama mama mama mama mama mama mama mama mama à toute heure du jour et de la nuit, ça c'est du moi petite!

Alors, vous deux, ça suffit, stop! C'est bon j'ai compris, je transmets le message à moi petite!

Cordialement!

vendredi 28 septembre 2012

Le juif de l'année

Tu as été reconnu Juif de l'année par toute la communauté:
D'abord tu étais assis avec ta petite kippa sur la tête et le livre des prières ouvert à la bonne page sur tes genoux. Ensuite tu as chanté, comme les autres mais dans une langue improbable. Et pour finir tu es reparti avec le livres des prières sous le bras.
La où ça a dérapé, c'est quand tu as lancé ta kippa dans la foule, quand tu as versé ton biberon d'eau sur les sièges devant des centaines de jeneurs assoiffés et affamés, quand tu as engueulé le bonhomme qui voulais te reprendre le sus-dit livre des prières que tu tentais en fait de voler à la synagogue et surtout quand tu as éjecté ton grand-père de dessous le thalit de prière.
C'est sur maïn fils, à ton âge, on te pardonne tout mais attention, viendra un âge où hurler mama caca pendant une prière silencieuse ne sera plus mignon du tout -sauf pour ta mère- !

mardi 4 septembre 2012

Dignité un point c'est tout

Parfois, il faut dire les choses plusieures fois, parfois il faut être dur pour que le message s'impregne.
Avant cette discussion je voyais les choses simplement. Je les voyais de mon côté. Tout était blanc ou noir: je ne veux pas mourrir, quoiqu'il arrive maintenez-moi en vie.
On avait bu, j'avais peut être plus envie de parler de la grognasse qui animait nos conversation trois minutes avant et puis on en est venue là, et j'ai écouté.
Elles m'ont confiée leur desarroi devant la maladie et la souffrance de leurs parents, de ce qu'elles ont du endurer et les choix difficiles qu'elles ont du faire. Leurs moments de recul, de doute, de peur. La force qu'elles ont eue, l'instinct de survie, la protection d'elles-même.
Et puis j'ai pensé à Barton, et puis j'ai pensé à toi.
Peut-être que j'ai peur de la mort, à m'en rendre hypochondriaque mais après avoir entendu leurs histoire, j'aurai encore plus peur de t'infliger ma mort, longue, lente et pénible tout en te laissant le choix de me maintenir en vie encore un peu, encore quelques semaines, encore quelques jours, encore juste une minute.
Je ne parle plus de ma dignité face à la mort, mais de ta dignitité face à ma mort. Je ne parle plus de ma souffrance mais de la tienne, alors maïn fils, si un jour on doit passer par là, saches que tu n'auras pas le choix, je me batterai tant que c'est possible et puis quand ils diront que c'est fini, je partirai et c'est tout.

mercredi 27 juin 2012

Tu seras un homme mäin fils

Si un jour lointain, j'oublie que je n'ai rien à faire dans ton couple. Que je t'impose une manière d'éduquer tes enfants, ou de les soigner. Si un jour, je fais comprendre à ta femme d'une manière ou d'une autre, qu'elle n'est pas aussi bonne mère que je l'ai été. Si sans le vouloir vraiment, je tente de prendre sa place dans le coeur de tes enfants, en la mettant de côté ou même, en l'ignorant. Si tout simplement, je la nie, un jour, en tant que mère, j'espère que tu auras assez d'amour et de tendresse pour elle et tes enfants, pour me remettre à ma place. Et j'espère surtout, que j'aurai suffisement d'intélligence pour le comprendre et faire ce qui est nécessaire pour que chacun reprenne sa bonne place.
Ce n'est pas facile d'être la mère d'un garçon, c'est dur j'imagine de le voir grandir, partir, s'éloigner de sa mère pour une autre femme et fonder sa propre famille. Ca doit être dur d'être releguée au second plan, de ne plus être l'unique femme idéale dans le coeur de son fils. Mais j'imagine que quand un fils grandit, une mère doit grandir en même temps. Et ça j'en suis certaine, ça fait mal.

dimanche 25 mars 2012

Premier baiser echangé sur une plage en été!

J'ai été la seule à le voir mais à travers les barreaux de la barrière de sécurité, toi et un autre enfant, vous vous êtes embrassés sur la bouche. J'ai dit c'est trop mignon mais personne ne m'écoutait. Alors j'ai gardé ce premier baiser pour mes souvenirs de toi personnels. Seulement juste pour rassurer mon incorrigible envie d'être un jour jalouse de ta femme, pourrais-tu la prochaine fois embrasser une petite fille plutôt qu'un petit garçon? Mais c'est toi qui vois, hein!

lundi 14 novembre 2011

Une envie de martinet -bah oui-

Dans le livre, ils disent que tu dois dire papa et pourquoi pas, maman. Nous avons eu droit à allo, Lola et dernièrement un magnifique nan.
Dans le livre, ils disent que tu dois montrer des objets ou des gens du doigt. A moins que l'on ne considère que tu ne saches pas la différence entre poing et doigts, c'est pas gagné.
Dans le livre, ils parlent du terrible two et non du terrible thirteen month. A moins que ce ne soit juste l'avant goût?
Dans le livre, ils oublient de dire que tu deviens un véritable despote, que tu nous manipules à ta guise et que tu es une véritable tête de linotte.
Donc j'ai rangé le livre dans la bibliothèque dans la section bullshit et je me suis assise face à toi. J'ai décidé te parler de nain à femme entre quatres yeux.
Mon petit manipulateur dans toute sa splendeur, avec le plus délicieux et le plus tendre des regards, tu as pris ton jouet favori et tu me l'a calé dans la bouche et j'ai presque cru entendre, ta gueule maman. Mais ce fut fait avec tant de délicatesse, que j'ai fondu devant ton visage d'ange et qu'une fois de plus je me suis assise bien lourdement sur mon autorité.
Mais maintenant que tu n'es plus en train de me faire fondre ou quoi que ce soit d'autre -vas-y tournes-les en bourrique à la crèche-, je rumine comme une vache folle et je te jures, Smoutchkiboubou, ma vangeance sera terrible, ce soir, toi et moi, on va causer et ça va saigner!

vendredi 24 juin 2011

Dodo l'enfant do

Maïn fils chéri, je suis fatiguée. Je suis là, au bureau, affalée comme une loque et je ne suis bonne à rien. Je baille, je me frotte les yeux et je baille à nouveau. Le téléphone sonne, je ne l'entends pas. Je ne comprends rien aux mails qui arrivent et je suis incapable de tracer droit -ce qui est dommage pour une architecte-

Maïn fils chéri, ta gueule! Si tu te réveilles avant sept heures du matin, ta gueule; si tu as faim, ta gueule; si tu as chié, ta gueule; si ta tute est trop loin, ta gueule; si Zebrou n'est plus dans tes bras, ta gueule; si quoi que ce soit, ta gueule, papa et maman font dodo!

Et chpoc fit la tête sur le clavier...

vendredi 10 juin 2011

Perdu au supermarché

A notre retour de New-York, l'école estimait que je n'étais pas prête pour rentrer en primaire. Ma mère a dit que j'étais prête et je suis rentrée en première primaire. L'école a encore dit, six ans plus tard, que j'étais bien trop bête pour rentrer dans une classe de secondaire normale. Ma mère a dit que je n'étais pas bête, les tests l'ont confirmé et je suis rentrée dans une classe de secondaire normale. Ils ont dit que le latin-grec, serait trop dur pour moi. Ma mère n'y a pas cru une seule seconde et j'ai fait du latin-grec et j'ai réussi. Ils ont dit qu'architecture, ce n'était pas des études pour moi, bien trop poussé. Ma mère a dit que je ferai archi et j'ai réussi archi. Il a dit, celui que j'aimais, que je n'étais pas assez bien pour intégrer son bureau, juste une petite employée sans anvergure et j'ai construit ma maison. Mon patron a dit que je n'étais qu'une dessinatrice et je suis fatiguée de devoir perpetuellement prouver au monde entier, qui je suis. Elle est longue la liste des gens qui n'ont pas cru en moi et qui ont eu tort. Elle est remplie de noms de personnes qui pensent me connaître mais qui ne veulent pas réellement me connaître.
Tu auras aussi ta liste mon coeur mais comme ma mère, je serai là pour te rapeller tous les jours qu'ils se trompent et que tu peux réaliser tes rêves. Ne laisses personne te dire ce dont tu es capable ou non, tu le découvriras par toi-même.
Je te dis ça, mon boubou, parce que j'ai laissé trop de gens m'écraser et qu'aujourd'hui, je me sens trop souvent comme une petite fille qui a perdu sa maman au supermarché, alors que toi, je veux qu'à l'aube de tes trente ans, tu puisses toi-même passer l'appel radio, si tu te sens perdu au supermarché.

mercredi 11 mai 2011

Doux baisers

Quand je suis venue te chercher à la crèche, je me suis penchée au-dessus de la barrière et je t'ai observé discrètement. Tu étais là, affalé, tel un pacha sur un lit de coussins avec une puéricultrice penchée qui t'étouffais de bisous. Toi tu riais aux éclats en lui tirant les cheveux.
Je me suis surprise à me dire, que j'espérais, que jusqu'à ton dernier souffle, il y aura toujours quelqu'un penché sur toi pour t'aimer.
Seulement, il faudra que je te le dise un jour, ou tu le comprendras par toi même à un moment donné dans ta vie, qu'on est pas toujours entouré de personnes qui nous aimes profondément et sincèrement.
Certaines personnes te feront croire que tu es unique et indispensable mais te jalouseront secrètement. Il y aura toujours des gens pour vouloir à tout prix te faire rentrer dans un schéma, leur schéma. Des gens pour te critiquer, te cataloguer, te faire du mal. Des gens petits et étriqués d'esprit.
Mais tant que toi, tu pourras te regarder dans un miroir, être sur de qui tu es et de qui tu veux être, être en accord avec tes principes et tes valeurs, ces gens et ce qu'ils peuvent bien penser, n'auront aucune importance.
Tu sauras en te levant le matin ,qui sont tes amis, ceux qui t'aiment sincèrement pour ce que tu es et comme tu es. Tu sauras que tu agis pour leur bien et pour ton propre bien et que personne n'est en droit de te le reprocher. Tu sauras ce qui est important.
La vie est dure et souvent injuste, ce n'est pas toujours les gentils qui gagnent à la fin mais de le savoir est déjà une grande victoire et te rendra ton passage sur la terre plus serein et empli d'espoir.
Mais avant que tu prennes conscience que l'injustice et la méchanceté existent, je veux que tu continues à profiter de ces charmantes puéricultrices, penchées sur toi et de leurs doux baisers.

jeudi 22 avril 2010

Amusements internes

Marian dit que si je vomis c'est parce que tu grandis.
Moi je t'imagine plutôt faire mumuse avec les organes internes de maman.
Alors, mon ami, au nom de l'amour inconditionnel d'une mère pour son fils, tu te poses et t'ouvres grand tes écoutilles.
La vessie de maman, n'est pas un ballon d'eau à balancer par le balcon.
Les intestins de maman ne servent pas de corde à sauter.
Le côlon de maman, n'est pas un sac de sable pour boxeurs.
L'estomac de maman, n'est pas un oreiller dernier cri avec musique intégrée.
C'est clair?

Ca c'est de l'autorité, quelle éducation, ça c'est bien la maman à son fifils!