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mardi 6 septembre 2016

Nos matins bleus

Bon! Fils, toi et moi, nous ne sommes pas du matin. 
Je vois que tu acquiesces. Très bien.
Donc, étant donné que ni toi ni moi ne sommes en phase pour des politesses et des sourires béats, jouons le jeu à fond. 
Moi le matin, j'ai envie de t'éventrer et toi le matin, tu as envie de m'égorger, soit! 

Evitons-nous.

Alors de sept heures à huit heures, je te propose de te lever, d'aller faire pipi, de choisir de beaux vêtements ou juste des vêtements à ta taille, de te brosser les dents, de te faire ton petit déj'. 
Ah oui, étant donné que je n'ai pas la patience pour toi, je n'en ai pas plus pour petit frère, donc, je te propose, une fois que tu auras accompli toutes ces tâches, de réveiller ton petit frère, de le mettre sur le pot, de lui brosser les dents, de l'habiller et de lui préparer son petit-déjeuner, pendant que moi, je me prélasse dans un bain et que je fais couler mon café en surfant sur le net...

Ah oui, tu n'es pas plus du matin que moi, oui, on a un problème... Laisses-moi trente secondes trouver une alternative à notre plan.

Fils, deuxième du nom, oui toi, le blondinet, celui qui est toujours cool et de bonne humeur et qui respire la joie de vivre dès le réveil, alors écoutes-moi bien. Pendant que le grimlinz et la mère du grimlinz dorment encore, on a quelques petites missions pour toi...
Pour démarrer la voiture, on fera un petit stage d'apprentissage à la Toussaint...

mercredi 31 août 2016

Ce dernier jour

Ce dernier jour...
La fin d'un cycle et demain, le début d'un autre.
Petit-frère va terminer ce chapitre à la crèche. Et mon coeur de maman fait des bonds et des cabrioles.
J'oscille entre fière de mes grands garçons et oh mon Dieu où sont mes bébés.
Demain rentrée officielle, toi en première primaire et lui, en première maternelle.

Au revoir Elodie de la crèche, au revoir petites annotations dans le carnet maman t'as encore oublié les langes et les lingettes, au revoir odeur de soupe au choux, au revoir la crèche.
Et bonjour sable dans les chaussures, bonjour les mamans toujours bien coiffées alors que j'arrive comme un prout à une garden-party, bonjour les devoirs pour bibi, bonjour l'école.

Ce dernier jour, la vieille d'un nouveau jour...

jeudi 10 mars 2016

Les dents et le coeur

Deux dents du bas qui bougent et mon cœur qui s'arrête de battre.

Toi tu souris aux anges, la petite souris va bientôt passer et moi je me souviens, nostalgique, du jour ou tes dents avaient enfin poussé.

Vas-y le cœur, reprends, continue de battre, il en reste encore dix-huit et vingt chez petit-frère.


mercredi 19 août 2015

Je me souviens

Je me souviens de cette longue semaine d'aller-retours à l'hôpital, les faux-espoirs et les faux-travails.
Je me souviens de ce déchirement et des ces hurlements, de ses hurlements quand j'ai pu le serrer enfin contre moi.
Je me souviens de ton regard fier de grand-frère.
Je me souviens avoir pleuré quand j'ai quitté l'hôpital.
Je me souviens de ces nuits de terreur quand le cauchemar à débuté, des ces trop longues nuits privés de sommeil, de ces coups de poignards à chaque hurlement.
Je me souviens de ma haine à devoir le calmer, encore et encore, de cette colère grandissante, de cette envie de fuite, de cette envie d'abandonner, d'avoir été abandonnée.
Je me souviens de cette façade froide à trop le regarder souffrir.
Je me souviens de ce médecin, le premier qui m'a entendue et écoutée.
Je me souviens du jour ou je l'ai aimé pour la toute première fois.

Je me souviens d'il y a deux ans quand il a pris sa place parmi nous, quand toi tu l'a accepté immédiatement et quand moi j'étais trop fatiguée.

C'était il y a deux ans et maintenant, Raphaël c'est mon rayon de soleil, mon petit cœur aux cheveux d'or et aux yeux turquoise. Raphaël me ressemble, indépendant, parfois trop. Raphaël, plein de malice me vole chaque jours mon cœur amoureux.

Je suis désolée pour toute cette peine et je veux rattraper comme je peux ces mois perdus à ne pas le comprendre, et je le serre contre mon cœur pour lui souhaiter tout le bonheur du monde pour son anniversaire.

samedi 13 juin 2015

Pardon

Au delà de la certitude que je vous aime, il y aura toujours le doute dans votre regard.
Parce que parfois dans mes paroles blessantes dont je ne mesure pas toujours la portée, il y a un message qui dit je t'aimerai plus si tu...

Non

Je t'aimerai toujours plus, chaque jours, un peu plus et encore plus. Il en va de même pour ton petit frère.

C'est parfois difficile de décrypter les parents quand ils sont en colère, parce que les parents se trompent souvent de message. Ils veulent dire je t'aime et ils disent tout le contraire.
Il ne faut pas croire que les parents sont parfait, il ne faut pas croire que je sois parfaite. Il faut savoir juste que je vous aime avec tous mes petits et gros défauts, avec toute mes casseroles, avec toute cette colère accumulée et parfois cette grande tristesse. 
Et si vous pensez entendre que vous me décevez, c'est faux. Tu entends Boubou, c'est faux!
Je pourrai crier tant que je veux, tempêter contre vous, m'emporter me mettre en colère, faire valser une claque sur vos fesses, je serai toujours fière de vous et infiniment reconnaissante d'avoir le plaisir et l'honneur d'être votre mère.

Alors pardonnez-moi pour ce doute dans vos yeux et venez ici pour un tendre câlin.

lundi 11 mai 2015

Bonne fête maman que j'aime

Parce qu'on est fatiguées, parce qu'on se sent débordées. Parce qu'on ne dis pas toujours ce qu'il faut. Parce qu'on regarde d'autres mères en se disant qu'on est minables avec nos pulls défraîchis et nos reste de déjeuner des bambins dans les cheveux. Parce qu'on n'a pas tous les jours envie d'être mère. Parce qu'on trouve mille excuses pour ne pas changer immédiatement la couche puante du petit dernier. Parce que parfois on a envie de ne plus les entendre. Parce que parfois on se demande pourquoi on était si heureux de leurs premiers petits mots. Parce que ce soir, juste pour une fois, tant pis pour le bain et les quenottes. Parce qu'à la télé il y a un super téléfilm, on les amadoues avec le restant des œufs en chocolat. Parce que parfois on a envie de leur dire des trucs horribles juste pour voir nous aussi jusqu’où on peut aller. Parce que parfois le meilleur moment de la journée, c'est quand ils sombrent enfin dans leurs doux sommeil. Parce qu'on a envie d'être ailleurs qu'au parc et qu'on fait semblant de lire ce fameux bouquin, parce que, non, on en a rien à ciré que ce môme pas beau avec un bonnet encore plus laid, vous a volé votre pelle. Parce que vos gribouillages font tâche sur notre bureau. Parce c'est comme ça et puis c'est tout, on ne négocie pas... Parce qu'il est quatre heures du matin, alors vous pouvez hurlez, c'est papa qui se lèvera! Parce que Maman n'est pas synonyme de à votre service Maître, parce qu'il y a des jours ou l'on rêve que vous soyez totalement autonomes tout en sachant qu'on ne veut absolument pas que vous soyez autonomes du tout. Parce qu'on est totalement contradictoires, parce qu'on à nos petits désagrément féminins, parce qu'on est des femmes sociales et sexy.
Parce que tout, et tout ça à la fois, on se réveille un matin de mai, avec des cadeaux fait mains, des coloriages, des bricolages, des poèmes récités en chœur, des chansons oubliées, des regards amoureux des maman je t'aime, je t'aime beaucoup, je veux me marier avec toi et des bisous baveux.
Et là, en fait, je m'en fous de cette mère socialement idéale à laquelle je ne correspond pas en tout points -du tout en fait, soyons honnêtes- et je suis fière que vous m'aimiez telle que je suis, fatiguée, irritable, soupe-au-lait, habillée comme un prout un jour de rentrée scolaire, fainéante à ses heures et incapable de cuisiner la moindre pâtisserie.

Et puis j'ai bien quand même quelques qualités... Sur ton petit mot Boubou, il y avait écrit que tu aimes quand je te cuisine de la viande... 

Aurai-tu une autre mère que moi? Parce que la viande non plus, je ne la cuisine pas, en fait.

mardi 13 janvier 2015

Premiers pas

Il a fait ses premiers pas. C'était un peu hésitant, un peu bancal mais il est passé de toi à papa et de papa à moi et puis il est allé vers la balle. Et puis il a recommencé et encore et encore. Et puis il est tombé et je lui ai sauté dessus. J'avais envie qu'il soit encore un bébé, juste encore un peu mon bébé à moi, mon tout petit bébé. Alors je l'ai bercé et je l'ai consolé. Et puis lui, il m'a repoussée, il s'est relevé et il a fait d'autres pas, loin de moi.

Une petite boule m'a serrée fort le ventre. 

Mais oui, vous avez raison, quel moment de joie, Raphaël a fait ses premiers pas.

mercredi 8 octobre 2014

Autant le savoir et vite!

Pour des causes politico-linguistiques-et-pas-que, Raphaël va devoir se passer de ces filles formidables qui l'ont bercé, chouchouté, choyé, mordillé, pouponné, bisouté et j'en passe...

Oui mais madame, elles n'ont pas le diplôme, oui mais madame, elles n'ont pas 2.4 en néerlandais, oui mais madame vous vous rendez-bien compte que dorénavant il y aura pleins d'activités différentes dans cette crèche, et des infirmières diplômées. En fait, nous sommes obligés de n'engager plus que des filles à diplôme...

Mais moi j'en ai rien à foutre... Raphaël n'en a rien à foutre qu'elles aient un diplôme pour foutre un thermomètre dans son cul. Elles peuvent même prévoir activité panda ailé, que cela ne changerai rien.
Raphaël il ne veut pas d'une pédo-psy-infirmière-à-ses-heures-assistante-sociale-ou-maternelle, lui il veut une Sylvia qui lui mord les fesses et qui cache des bonbons dans son sac pour son grand-frère, une Farhat ou une Blandine qui se bat pour lui donner à manger.
Et moi, je vais leur faire bouffer leur rapport qui me confirme que mon enfant est bien dans la bonne courbe de développement moteur ou cérébral avec un système à points.
Moi, en fait, ça me suffit de savoir que Raphaël il a été chiant aujourd'hui, qu'il a pleuré de jalousie quand Farhat a prit Valentin dans ses bras et qu'il a mangé deux repas parce qu'il avait trop faim.
Moi je ne veux pas qu'elles partent, moi je ne veux pas qu'elles soient obligées de faire une formation pour un métier qu'elles connaissent finalement mieux que quiconque!
Mais ce que je veux ou ce que Raphaël veut, c'est pisser au vent, c'est juste une question politico-linguistique-et-pas-que, finalement autant s'y habituer dès la crèche...

mardi 12 août 2014

Bon anniversaire Raphaël

Il y a un an, le huit août deux-mille treize, tu es arrivé a l'hôpital et Raphou était là dans mes bras. Je ne savais pas comment le tenir, je n'avais plus l'habitude d'un truc aussi petit. Toi tu lui avais caressé les joues et tu l'avais observé, tu l'as tout de suite aimé et tu as eu l'envie de le protéger quoi qu'il arrive, le protéger même de moi. Les jours ont passés et c'était difficile pour tout le monde, Raphou n'avait qu'une seule habitude, celle de pleurer ou plutôt de hurler, en continu, matin, midi, soir et toute la nuit.
On était harassés, tu t'en es pris plein la figure, on t'as souvent fait peser beaucoup de poids sur les épaules et on t'as donné toutes sortes de responsabilités pas du tout adaptées à ton âge.
On ne souriait plus, on ne rigolais plus et toi tu as assumé tout ça. Merci mon boubou. Merci d'avoir mené ta barque à bon port malgré les terribles tempêtes.

Et Raphou, si beau, si tendre Raphou, je devrait le remercier de nous avoir pardonné notre tristesse, notre colère et notre incompréhension face à sa souffrance.
Et Raphou, pour sa première année a fini de souffrir, Raphou, s'est affirmé son sale petit caractère qu'il tient de sa mère.
Raphou, c'est un petit soleil sauvage d'août, plein de vie et de bave.
Raphou, il a volé mon anniversaire et il est en train de voler mon deuxième cœur.

lundi 14 juillet 2014

La vie, ces derniers mois

Raphaël a sa première toute petite dent et toi tu caches les bonbons que Tètè vient de te donner.

Raphaël fait des grasses matinées et toi tu viens nous réveiller parce que Raphaël t'aurai -je dis bien- hypothétiquement réveillé.

Raphaël voue un amour sans faille pour ta guitare rouge et les prises électriques et toi, t'es cool, tu lui dis juste non pas dans la bouche Raphou!

Raphaël apprends à dire des mots ou plutôt des syllabes et toi tu apprends de nouveaux mensonges et gros mots.

Papa dépose Raphaël à la crèche et moi je te dépose aussi à la crèche avant de me rendre compte que ce n'était pas là ta destination mais le stage et toi tu trouves ça très drôle.

Raphaël profite, cool Raoul de tes jouets et toi tu regardes le match avec Papylex la haut dans votre montagne.

Je m'angoisse pour l'année prochaine, ta nouvelle maîtresse, les achats scolaires, Raphaël s'angoisse qu'on n'ai pas oublié de lui préparer son repas et toi tu t'angoisses de rester seul -et dans le noir-

Raphaël se met debout et toi tu tombes tout le temps.

Raphaël a les plus beaux yeux bleus que je n'ai jamais vus et toi tu as les yeux chocolat les plus gourmands que je n'ai jamais vus.

Raphaël fait caca sur lui et toi tu fais pipi.

Papa vous aime, Raphaël et toi, maman vous aime, Raphaël et toi, Raphaël t'aime toi et Lola et toi tu aimes tout le monde et tout le monde à une place importante dans ton univers.

Lola, apprends à vivre avec Raphaël et partager leurs repas et toi tu apprends à nourrir Lola avec les bons petits plats qu'on t'a préparé.

Raphaël devient un petit garçon, tu deviens un petit homme, papa devient un papa et maman devient une maman et Lola reste Lola!

mardi 3 juin 2014

Je vais mieux

Les beaux jours reviennent et ma confiance aussi.
Raphaël a entrepris de visiter toute la maison en sautant sur tout ce qui peut s'attraper. On a les yeux rivés sur lui en permanence et si jamais on dévie notre regard sur autre chose l'espace d'un instant, je t'entends lui crier non Raphou, tu peux pas mettre ça en bouche!
Pendant que Raphaël teste sa toute nouvelle technique de ramping, toi tu testes de nombreuses techniques pour faire fonctionner tes cordes vocales.
Tu chantes des chansons totalement improvisées: le petit loup à perdu sa maman et il est tout triste parce que sa maison à bruler dans le lac et les loup vont appeler la police parce qu'il est méchant le loup et dans le ciel la mouche elle crie sur le loup lalala...
Tu nous insulte aussi, des fois. Tu cries aussi mais c'est pour parler la langue de Raphou maman. Tu dis des maman je t'aime, peux avoir un biscuit et puis tu sors des perles telles que maman tu vois mon école dans mes yeux, parce que moi je la vois? -Il a fait un rêve qu'il pense qu'on voit dans ses yeux... J'explique pour les non-initiés à maïn fils-
Les beaux jours sont là, Raphaël dort la nuit -il fait même des grasses-matinées- et toi tu es à deux doigts de commencer à t'habiller tout seul, enfin dans tes bons jours.
Et moi je vais mieux!

mardi 22 avril 2014

Des nuits trop longues

La porte s'ouvre avec grand fracas. Toutes les lumières s'allument. Tu apparaît devant nous, un pied déjà dans notre lit. Je m'arrache à mon super rêve plein d'aventures et je lève ma vieille carcasse endormie.
Deux heures du matin.

- Quoi? Quoi? Qu'est-ce qu'il y boubou, il y a le feu? Quelqu'un est mort? Des voleurs?
- Maman... Raphaël, il fait des prouts!
- ah, c'est pour ça...
- Maman, je veux pas dormir seul
- Mais tu n'es pas seul, il y a Raphaël... et ses prouts. Bonne nuit mon boubou.

C'est vrai qu'elles étaient trop longues nos nuits, depuis que Raphaël passe enfin les siennes...

mardi 25 mars 2014

Méthodes d'éducation

Situation: sur le trajet pour aller chercher Raphaël à la crèche:
- Maman, je veux pas y aller, veux rester dans la voiture!

Premier essai: méthode du parent qui s'intéresse aux désirs et envies de son enfant:
- Mais pourquoi mon chéri?

Invention d'une excuse niveau première maternelle:
- Parce que j'ai peur, elle est méchante la crèche, vais le dire à la police et le monsieur est méchant, là maman, tu le vois?

Deuxième essai: méthode de la mère qui s'inquiète un minimum pour son enfant:
- Mais, je n'aime pas te laisser tout seul dans la voiture, même pour quelques minutes.
- Mais j'suis grand moi maman, vais pas faire des bêtises, vais rester sur mon siège, vais pas enlever la ceinture.

Troisième essai: méthode des bouquins super à la mode de communication non violente de mes fesses que j'avais jetés à la poubelle mais récupérés et rejetés à la poubelle et re-récupérés et que je vais finir par foutre au feu.
- Je comprends mon chéri, tu dois être très fatigué après une journée entière à l'école. Je suis sure que les filles de la crèche seront tellement heureuses de te voir et toi tu seras tellement heureux de pouvoir leur raconter ta journée.
- Non! Veux rester dans la voiture!

Quatrième essai: méthode la mère juive:
- Tu vas venir avec moi, un point c'est tout! C'est maman qui décide! Tu veux quoi? Tu veux tuer ta mère ou quoi? Tu veux qu'elle ait des palpitations à son cœur? Tu veux que ta maman aille chez le docteur parce qu'elle a eu trop peur pour son tout petit ingele d'amour? Aïe, les enfants, vous leur donnez tout et ils osent vous répondre non! Quelle ingratitude!

Résultat:
Tu es resté dans la voiture.

lundi 24 mars 2014

A la poubelle!

Je ne sais plus comment on en est arrivé à dire qu'il fallait jeter cette tutute à la poubelle mais tu l'as fait!
Tu as pris ta tutute et tu la jetée dans la poubelle et tu as même refermé le couvercle, sans un état d'âme, sans un regret.
Complètement décontenancée, je t'ai félicité. Je t'ai dit que j'étais fière de toi, que papa était fier de toi, que Raphou et Lola étaient fiers de toi et que le dentiste serait fier de toi quand on lui dira la bonne nouvelle et que toi tu devais être bien fier de toi.
C'est très fièrement que tu as balancé moi j'suis un grand moi, fini la tutute, pour les bébés la tutute, berk.
Et moi, j'ai tellement eu mal au cœur que mon tout petit bébé ait grandit comme ça en un coup. Moi j'était tellement peu fière de moi à l'instant ou j'ai compris que tu n'aurai plus jamais cette satané tutute vissée dans la bouche le soir au moment de l'histoire et le matin au moment du réveil, que je l'ai reprise en cachette au fond de la poubelle et je l'ai cachée dans un endroit juste pour moi, pour les jours de nostalgie de mes tout petits bébés.

lundi 17 février 2014

Deux enfants, égale deux parents.

Pour faire manger Raphaël, il faut s'y prendre à deux.
Papa lui tient les bras et les jambes et moi j'enfourne la cuillère.
Sinon ça vole dans tous les sens, il se frotte le visage avec le bavoir plein de purée, il fait barrage avec ses doigts, il tape dans le pot avec ses pieds, il se met de la purée dans les yeux, le nez et un tout petit peu dans la bouche et surtout il nous en met dans les cheveux, dans les yeux et dans le nez.
Donc papa lui tient les bras et les jambes et moi j'enfourne la cuillère.
Et toi?
Toi tu as dit mais alors je n'ai plus de parents moi?
Et nous? on a tellement ri qu'on en a oublié Raphaël!
Et Raphaël?
Et bien Raphaël, il a plongé ses mains dans la purée, il l'a étalée partout sur sa tête, il s'est frotté le visage avec son bavoir pleins de purée, il a fourré ses doigts dans ses oreilles et il a shooté dans le pot!
Et toi?
Toi tu t'es éclipsé vu l'ampleur des dégâts.

lundi 20 janvier 2014

Son regard m'a dit ça.

Raphaël est malade. Le grand classique, bronchiolite-otite-keufkeufite-atchoumite avec un soupçon de fièvre.
Je le couche, il est gémissant mais s'endort rapidement, juste le temps de te lire deux histoires.
Vers cinq heures du matin, j'entends des rires dans votre chambre. Péniblement je m'extirpe de mon sommeil et je traîne la patte jusque dans votre nid. Raphaël s'éclate avec ses peluches, je lui rappelle que c'est la nuit et que chez nous, il est de bon ton de respecter le sommeil de ses parents et de dormir également. Son regard m'a dit mais maman, la fièvre est tombée je vais mieux, trop bien! Si, je te le jures son regard m'a dit ça ou alors c'est peut-être le brouillard de ma torpeur... Enfin bref, j'ai sauté dans mon lit et j'ai sombré comme une masse... pendant un quart d'heure. Ensuite les pleurs de Raphaël, nous ont décidés, ton père et moi de le faire dormir dans notre lit, finalement comme toutes les nuits à partir de cinq heures du matin. Et comme toutes les nuits à partir de cinq heures du matin, je me suis rendormie avec Raphaël au milieu de nous deux, main dans la main. A la base, le principe de lui prendre les mains, c'est pour l'empêcher de s'arracher sa tutute mais on ne va rien lui dire, lui il croit que c'est vraiment une histoire de proximité et d'amour...
Sept heures quart, les oiseaux coincés dans le réveil se mettent à chanter. J'ouvre les yeux, ultra-méga péniblement et je croise son regard. Cette fois-ci j'en suis sûre, il ne s'agit pas du brouillard de la torpeur mais son regard me parle vraiment. Il a dit: je t'aime maman.

jeudi 16 janvier 2014

Bienvenu bébé.

Lentement mais surement, le changement s'établi. Il ne dort toujours pas la nuit mais le jour nous découvrons enfin notre bébé.
En fait, il sait sourire. Il sait même rire. Ses yeux et ses poings ne sont plus des boules de souffrance.
Il est capable de s'éclater tout seul avec juste ses mains. Son regard montre un peu d'inquiétude quand tu t'approches avec tes gros sabots et puis son regard s'adoucit quand tu te penches pour lui embrasser les joues. Il essayes de t'attraper les mains et vous riez.
Donc, on a un bébé, plus de machine à hurlement, juste un bébé, avec ses rires, ses sourires, ses éclairs dans les yeux, ses pleurs et ses peurs. En fait, c'est chouette.
Et puis tout d'un coup un hurlement! Ah oui, il a peut-être juste faim!

mardi 14 janvier 2014

Scatologie mon amour!

- Ah ça sent pas bon le caca maman.
- Ah ben non!
- On peut pas le manger le caca maman!
- Ah ben non!
- C'est berk et sinon on va à l'hôpital, maman
- Ah ben oui! Bon tu as fini? Je peux t'essuyer les fesses?

***

- T'as fais caca maman?
- Non étant donné que tu occupes les toilettes depuis un quart d'heure!
- Tu dois faire caca maman?
- J'aimerai garder un peu de mon jardin secret mon chéri.
- Pourquoi? Mon papa, il a dit qu'on pouvait pas faire caca dans le jardin!

***

- Oh Raphaël, ta prout elle pue!
- Oh il me semble que c'est toi qui vient de faire une prout!


mardi 24 décembre 2013

Un bébé ça pleure Madame!

C'est pas votre premier quand même Madame, vous ne savez pas qu'un bébé ça pleure?

Celle-là, je l'entends encore une seule fois et je tape dans le tas!

Non je ne savais pas qu'un bébé pouvait pleurer autant de douleur. Je ne savais pas qu'un bébé pouvait avoir du reflux gastrique et en pleurer jour et nuit. Je ne savais pas que j'allais ne plus en pouvoir et je ne savais certainement pas que j'allais pleurer de devoir le laisser chez ses grands-parents pour pouvoir nous reposer un peu.
Je ne savais pas que chaque hurlement allait me plonger un peu plus dans une profonde mélancolie, je ne savais pas que j'allais me sentir à ce point impuissante et en même temps en colère contre mon bébé.
Je ne savais pas que je n'allais pas pouvoir profiter de mon dernier petit bébé dans ses tout premiers mois de vie, je ne savais pas que j'allais lui reprocher d'exister, je ne savais pas que j'aurai envie à trois heure du matin de le donner à quiconque peut supporter ses pleurs et hurlements.
Je ne savais pas que j'allais me haïr à ce point d'avoir envie de fuir loin et de ne jamais revenir.

Non, vraiment, je ne savais pas qu'un bébé pouvait autant hurler.

Comme quelqu'un m'a dit, c'est pas pour toute la vie, alors ça aussi ça passera.

mardi 3 décembre 2013

On va le rendre maman!

- Je n'en peux plus de cet enfant, il ne fait que brailler...
- Alors, on va le rendre maman! Pleure-pas maman!

Et j'ai lu dans ton regard tout triste, que tu avais pris cette décision, malgré l'amour que tu portes à ton petit frère, pour protéger ta maman.

Alors j'ai rembobiné le film, parce que là, on s'égare.

- Non mon boubou, on ne va pas rendre petit frère, d'abord parce que ce n'est simplement pas possible et puis surtout parce qu'on l'aime tous.

Je suis restée complètement pantoise.
J'ai l'impression de ne plus rien gérer et une chape de béton m'est tombée sur les épaules. Des angoisses, des idées sombres, du désespoir, de la fatigue et beaucoup de peur de tout et de rien, sont venus me bouffer le ventre et j'ai tellement pas géré que je t'ai fait porter tout ce poids aussi.
Du haut de tes trois ans, tu es tellement pragmatique et prêts à faire des concessions pour protéger le bonheur de ta famille et ceux que tu aimes. Tu as l'intelligence du cœur, tu es plein d'amour, tu es prévenant et tu anticipes tellement tous nos besoins. C'est tellement ancré profondément en toi que je me suis sentie comme une merde qui hurle sur ses enfants parce que je n'arrive pas à surmonter ce qui me semble être la plus haute montagne de la terre.
Il faut que je me reprenne et vite, parce que ce n'est pas à toi de faire des sacrifices, ce n'est pas à toi de protéger tes parents, ça c'est notre rôle même si on l'a un peu oublié ces derniers temps.

- Non mon boubou, on garde petit-frère avec nous et viens avec moi lui faire des bisous pour le consoler!

Et Raphaël s'est endormi.