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lundi 14 juillet 2014

La vie, ces derniers mois

Raphaël a sa première toute petite dent et toi tu caches les bonbons que Tètè vient de te donner.

Raphaël fait des grasses matinées et toi tu viens nous réveiller parce que Raphaël t'aurai -je dis bien- hypothétiquement réveillé.

Raphaël voue un amour sans faille pour ta guitare rouge et les prises électriques et toi, t'es cool, tu lui dis juste non pas dans la bouche Raphou!

Raphaël apprends à dire des mots ou plutôt des syllabes et toi tu apprends de nouveaux mensonges et gros mots.

Papa dépose Raphaël à la crèche et moi je te dépose aussi à la crèche avant de me rendre compte que ce n'était pas là ta destination mais le stage et toi tu trouves ça très drôle.

Raphaël profite, cool Raoul de tes jouets et toi tu regardes le match avec Papylex la haut dans votre montagne.

Je m'angoisse pour l'année prochaine, ta nouvelle maîtresse, les achats scolaires, Raphaël s'angoisse qu'on n'ai pas oublié de lui préparer son repas et toi tu t'angoisses de rester seul -et dans le noir-

Raphaël se met debout et toi tu tombes tout le temps.

Raphaël a les plus beaux yeux bleus que je n'ai jamais vus et toi tu as les yeux chocolat les plus gourmands que je n'ai jamais vus.

Raphaël fait caca sur lui et toi tu fais pipi.

Papa vous aime, Raphaël et toi, maman vous aime, Raphaël et toi, Raphaël t'aime toi et Lola et toi tu aimes tout le monde et tout le monde à une place importante dans ton univers.

Lola, apprends à vivre avec Raphaël et partager leurs repas et toi tu apprends à nourrir Lola avec les bons petits plats qu'on t'a préparé.

Raphaël devient un petit garçon, tu deviens un petit homme, papa devient un papa et maman devient une maman et Lola reste Lola!

lundi 24 mars 2014

A la poubelle!

Je ne sais plus comment on en est arrivé à dire qu'il fallait jeter cette tutute à la poubelle mais tu l'as fait!
Tu as pris ta tutute et tu la jetée dans la poubelle et tu as même refermé le couvercle, sans un état d'âme, sans un regret.
Complètement décontenancée, je t'ai félicité. Je t'ai dit que j'étais fière de toi, que papa était fier de toi, que Raphou et Lola étaient fiers de toi et que le dentiste serait fier de toi quand on lui dira la bonne nouvelle et que toi tu devais être bien fier de toi.
C'est très fièrement que tu as balancé moi j'suis un grand moi, fini la tutute, pour les bébés la tutute, berk.
Et moi, j'ai tellement eu mal au cœur que mon tout petit bébé ait grandit comme ça en un coup. Moi j'était tellement peu fière de moi à l'instant ou j'ai compris que tu n'aurai plus jamais cette satané tutute vissée dans la bouche le soir au moment de l'histoire et le matin au moment du réveil, que je l'ai reprise en cachette au fond de la poubelle et je l'ai cachée dans un endroit juste pour moi, pour les jours de nostalgie de mes tout petits bébés.

mardi 5 novembre 2013

Electrochoc

Quand est-ce arrivé que tu es devenu si grand?
Voilà que tu a ton propre avis sur tout, que tu lances de grands débats, que tu polémiques chacune de nos décisions. Tu veux faire caca tout seul, tu veux t'habiller tout seul, tu veux langer ton petit-frère tout seul.
Un jour tu as rangé ta tutute dans la boite aux trésors -juste pour la journée mais quand même- et puis le lendemain tu m'explique que putain c'est un gros mot et que je devrais surveiller mon langage -merde alors, que vais-je dire dorénavant?-
Une après-midi tu décides que la sieste c'est pour les bébés et puis tu t'inquiètes de comment arriver à calmer Raphaël.
Un matin, tu ne rentrais plus dans tes pantalons, il a même fallu renouveler tes chaussettes.
Ce week-end, t'as pris ton petit vélo sans pédales et t'as fais le tour de la ville.
T'as payé ta première compote de pomme après avoir dit à ton père, papa donnes-moi l'argent.
En un coup tu fonces aux toilettes pour monter sur ton petit tabouret, baisser ton pantalon, tenir ton zizi droit et pisser bien au milieu et moi j'ai l'air du cruche à t'attendre derrière la porte.
Hier je t'ai refusé un biscuit avant de manger et tu m'as dit que papa avait dit oui mais papa il n'est même pas là. Tu accuses Raphaël d'avoir mis des miettes dans le canapé et Lola d'avoir fait pipi sur la planche.
Tu ne dis plus Fafawel mais Raphaël, tu ne dis plus Mamuel mais Samuel, tu ne dis plus mapa mais papa et maman et ça je l'ai remarqué comme ça en une fois, comme un électrochoc.
Tu donnes ton nom de famille à qui te le demande. Mais d'où tu le connais ton nom de famille? D'où tu sais qu'en automne les feuilles tombes, puis la neige et puis il y a à nouveau des feuilles vertes sur les arbres et qu'ensuite, seulement on va nager dans la mer?
C'est arrivé comment? Par quelle porte secrète? Par quel envoûtement? Par quel chemin de traverse?

Et puis tout d'un coup, tu geins, tu pleurniches, tu trébuches, tu veux ta maman, ta tutute et ton doudou -dans l'ordre des préférences- tes demandes ne sont plus rationnelles, tu te fais pipi dessus -et caca dans tes bons jours-, tu n'arrives pas à fermer ta veste, tu ne fais pas attention en traversant la route, tu veux te marier avec ta maman et défies ton père en lui balançant c'est ma femme!

Alors en un coup, je me rappelle que tu n'as que trois ans, que tu es encore un tout, tout petit garçon, avec de toutes petites mains, de tout petits pieds dodus et que tu as tellement besoin d'un gros câlin.

vendredi 19 avril 2013

D'une histoire à l'autre

C'est différent.
Il donne des coups de pieds ailleurs, il ne se réveille pas aux mêmes heures et ne me réveille pas aux mêmes heures.
Je n'ai pas envie des mêmes choses, j'ai plus envie de cornichons et de fruits frais. Je n'ai pas les mêmes angoisses.
Et puis maintenant tu es là et tu interfère dans l'équation.
Enceinte de toi, je pouvais me prélasser ça et là. Je n'étais pas obligée de nettoyer continuellement derrière toi. J'avais le droit de m'apitoyer sur mon sort et geindre à tout bout de champs. Je pouvais avoir mal au dos à mon aise et ne rien faire. Je pouvais respecter de ne rien porter, de ne pas trop bouger, de ne pas trop m'activer, de ne pas trop en faire et surtout de dormir tout ce dont j'avais besoin.
Il est loin ce temps là, elle est loin cette grossesse là.
Maintenant c'est du quasi militaire.
Tu jettes des objets par terre et à ma demande que tu les ramasse, tu reponds par un magnifique non, maman faire!
Je veux m'assoir sur une chaise qui m'a l'air bien confortable pour soulager mes douleurs lombaires et ta réaction est directe et sans appels non maman, mon place!
Je m'organise une grasse matinée, non maman debout!
Je veux du silence, maman musik
Je veux manger des gaufres, du chocolat, des bonbons, des biscuits, des cornichons et du saucisson, tout ça en même temps, moi aussi maman!
Je veux dormir, maman doudou!
Je veux regarder la télé, maman Mickey!
Je veux la paix, ou il est Mamuel? Ah il est là... Coucou!

Et ton père, n'en parlons pas... Et Lola non plus...

Vous partiriez pas en vacances? Juste quelques jours...
Non?

lundi 15 octobre 2012

Le Smoutch pour les nuls

D'accord, tu n'es plus juste une machine à faire caca.
Une vraie machine complexe qui pense, qui décide, qui dit oui et qui dit non et accessoirement qui fait caca.
Maintenant, je cherche désespérément Le Smoutch pour les nuls, parce qu'il faut avoir fait au moins bac plus six pour arriver à te comprendre. Ton système lingual se perfectionne et mon neurone maternel bug de plus en plus, j'ai peur qu'il n'ai atteint ses limites. Autre chose que mama papa pipi caca, dépasse largement mes compétances. Des phrases tels que ou il est papa? ah il est là! alors que je ne vois que la malheureuse Lola passer dans la pièce, risquent à la longue de m'atteindre mentalement, psychologiquement et nerveusement. Figures-toi, Boubou, que je cherche papa aussi. Et j'en arrive à me demander si Lola n'a pas mangé papa ou que papa se déguise en Lola. Peut-être?
Mais attends, on arrive bientôt au paroxysme de l'horreur avec ce genre d'affirmations Elle est là maman, en haut alors qu'il me semblais, jusque là, que j'étais bien en bas avec toi. Surement, me diras-tu que la vérité est ailleurs -et tu en es capable- cependant, je cherche toujours si Lola n'aurait pas mangé papa pendant que l'autre maman -celle en haut- fait des chapeaux.
Et là où tu finis de m'achever, c'est avec la phrase qui tue, maman assis caca Lola. Je me lèves en un bond, vérifies mes fesses, juste au cas où pour la première fois, la vérité n'est pas ailleurs. Et, rien! Ouf, entre-nous.

Bien j'attendrai que Lola ait fini de digérer papa, que maman redescende d'en haut, afin que l'on puisse tous ensemble débattre de ce que tu as bien pu vouloir dire...

lundi 16 juillet 2012

Négociation Smoutchienne!

- A Poore
- Tu veux qu'on ouvre la porte?
- iii
- voilà la porte est ouverte
- obogatan
- Tu veux aller au parc sur le toboggan?
- iii
- Papa obogantan!
- Non moi c'est maman!
- Papa obogantan!
- D'accord on va au toboggan mais moi c'est maman!
- Ola
- Non Lola reste ici
- Ola papa obogantan!
- Non Lola reste ici mais on va au toboggan et moi c'est maman! On met ta veste?
- Nwon
- Il faut mettre ta veste, il fait froid dehors!
- Auvoiw!
- Comment ça aurevoir? Tu pars sans moi?
- Auvoiw! Papa obogantan!
- D'accord, aurevoir Sam, papa t'accompagne avec Lola au toboggan pendant que maman se délasse ici dans le canapé devant la télé. Oh mais c'est trop bête, papa n'est pas là...

...

- Mama obogantan!

jeudi 14 juin 2012

Quand

Même si la plupart du temps, je me demande si je ne te mettrai pas à la poubelle en refermant bien le couvercle, j'ai souvent, des bouffées de je t'aime qui me viennent, comme ça, tout d'un coup et qui me prennent aux tripes et me mettent la tête à l'envers.

Quand tu dors la bouche ouverte en ronflant plus fort qu'un camion, quand tu es tout affairé à nous concocter une purée de banane aux oignons et aux playmobils, quand tu nourris le chat parce que tu n'as plus faim, quand tu te caches dans les rayons des grands magasins et que je te retrouve enfin hurlant coucou, quand avec ton pyjama étoilé tu trottines tout seul vers ta chambre pour aller te coucher, quand tu hoches de la tête parce que c'est bon, quand tu me cales un truc puant sous le nez pour que je confirme que ça pue, quand tu chantes en agitant les bras et quand tu t'applaudis à la fin de ta chanson, quand tu te mouches dans les canapés pour éviter le mouchoir que je te tends, quand tu grondes le chat parce qu'il est sur la table, quand tu enfournes ton poings entier dans ta bouche pour y déposer un délicat grain de raisin, quand tu voles les canettes de bières d'un autre client du magasin, quand tu éclates de rire quand j'eternue, quand tu fais coucou parce que je mets mes mains devant mes yeux après que tu m'ai eborgnée avec la télécommande, quand tu craches dégouté la nourriture qui ne te conviens pas, quand tu trouves la bonne clé et que tu insistes pour la mettre dans la serrure sans y parvenir du fait de ta petite taille, quand tu pleures et que tu t'arrêtes parce que tu ne sais plus pourquoi tu pleures, quand tu as découvert que les crottes de nez ça se mange, quand tu joues à la flute et que tu me la tends baveuse et morveuse, quand...

En fait je devrais plutôt dire que si la plupart du temps j'ai des bouffées de je t'aime qui me viennent comme ça, tout d'un coup et qui me prennent aux tripes et me mettent la tête à l'envers, heureusement que temps à autres il y a des petits moments d'interlude ou je te mettrai bien à la poubelle en refermant bien le couvercle.

dimanche 17 juillet 2011

Calvaire

J'admire ta technique si particulière pour avancer, maïn fils. Un bras pour te tirer, l'autre pour ton équilibre, un orteil pour te pousser et la jambe pour te remettre en position initiale. Sans oublier ta petite balle molle que tu gardes dans ton giron pour reposer ta tête entre chaque étapes. Je reste derrière toi et je pouffe de rire à chacune des tes haltes en te voyant ainsi étalé de tout ton long, ta tête posée sur la petite balle, pendant quelques secondes et puis repartir, un sourrire collé sur tes lèvres.
Lola et moi, nous te regardons passer en nous disant que notre calvaire ne fait que commencer. Lola craint pour sa queue et pour sa nourriture et moi je crains tous les dangers de notre belle maison et pour la nourriture de Lola.
J'ai soigneusement commencé à protéger les prises, j'ai répertorié tous les coins dangereux qui bien sur sont tellement excitants pour toi. J'utilise mon super non, c'est dangereux!
Et toi, maïn ingele, tu avances un bras pour te tirer, un autre pour ton équilibre, tu avances un orteil pour te propulser et ton autre jambe pour te remettre en position initiale, tu poses ta tête sur la petite balle molle et tu avances un bras pour te tirer et malgré mes pires craintes, les histoires horribles d'accidents domestiques qui trottent dans ma tête, je te regarde passer avec tellement de fierté que je me dis que finalement ce calvaire à un goût de paradis.

lundi 3 mai 2010

Déclaration de guerre au chat

Comment t'as voulu éjecter le chat!?
J'étais tranquillement couchée sur le dos, Lola allongée sur mon ventre. Elle s'est mise à brot-broter de toute ses forces et toi t'as filé des coups de pieds, je suppose, dans l'espoir de la dégager. Malheureusement pour toi, je crois qu'elle n'a pas compris le message, parce qu'elle m'a regardée l'air de dire mmh j'adore les fauteuils massant et elle s'est mise à brot-broter de plus belle. Heureusement pour toi, mon éclat de rire, l'a enfin faite déguerpir!