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mardi 3 décembre 2013

On va le rendre maman!

- Je n'en peux plus de cet enfant, il ne fait que brailler...
- Alors, on va le rendre maman! Pleure-pas maman!

Et j'ai lu dans ton regard tout triste, que tu avais pris cette décision, malgré l'amour que tu portes à ton petit frère, pour protéger ta maman.

Alors j'ai rembobiné le film, parce que là, on s'égare.

- Non mon boubou, on ne va pas rendre petit frère, d'abord parce que ce n'est simplement pas possible et puis surtout parce qu'on l'aime tous.

Je suis restée complètement pantoise.
J'ai l'impression de ne plus rien gérer et une chape de béton m'est tombée sur les épaules. Des angoisses, des idées sombres, du désespoir, de la fatigue et beaucoup de peur de tout et de rien, sont venus me bouffer le ventre et j'ai tellement pas géré que je t'ai fait porter tout ce poids aussi.
Du haut de tes trois ans, tu es tellement pragmatique et prêts à faire des concessions pour protéger le bonheur de ta famille et ceux que tu aimes. Tu as l'intelligence du cœur, tu es plein d'amour, tu es prévenant et tu anticipes tellement tous nos besoins. C'est tellement ancré profondément en toi que je me suis sentie comme une merde qui hurle sur ses enfants parce que je n'arrive pas à surmonter ce qui me semble être la plus haute montagne de la terre.
Il faut que je me reprenne et vite, parce que ce n'est pas à toi de faire des sacrifices, ce n'est pas à toi de protéger tes parents, ça c'est notre rôle même si on l'a un peu oublié ces derniers temps.

- Non mon boubou, on garde petit-frère avec nous et viens avec moi lui faire des bisous pour le consoler!

Et Raphaël s'est endormi.

lundi 1 juillet 2013

Mal

- A mal maman?

Non maman n'a pas mal, maman elle n'en peux plus, maman elle va exploser.
Maman elle se traîne du lit au canapé, du canapé au bureau et puis à la crèche en passant mille fois par la cuisine et elle finit comme une crêpe à nouveau dans son lit. Puis maman elle dort plus, non elle vous écoute ronfler toi et ton père, et puis elle vous écoute râler parce que maman a encore fait trop de bruit cette nuit.
Maman elle rate toutes les fêtes sympas parce qu'elle boit pas maman, parce qu'elle est fatiguée maman et parce qu'elle a des contractions maman, et parce qu'elle est trop grosse maman.
Maman, elle craque tous ses pantalons parce qu'elle doit ramasser tes jouets et les chaussures de papa qui traînent, et ses chaussures à elle aussi d'ailleurs. Maman elle se prend tous les chambranles de portes, parce que d'une minute à l'autre son ventre n'a plus la même taille, on lui dira d'ailleurs à petit-frère d'arrêter de se tortiller.
Maman elle a des contractions, alors elle prend des médicaments qui donnent le brulant et une furieuse envie de dodo, alors maman oublie ses médicaments et puis elle n'a plus le brulant mais à nouveau des contractions, alors maman reprend ses médicament et y rajoute de l'anti-reflux et beaucoup de café.
Maman commence à en vouloir à cette p... d'Eve, c'est de sa faute après tout! Tu enfanteras dans la douleur, tu l'as dit bouffi! Et puis maman elle jalouse les vaches, c'est vrai, leur petit veau à peine né, il marche déjà tout seul et vient se nourrir tout seul et puis est-ce qu'elle ont seulement conscience que ça fait un putain de mal de gueux que d'avoir une boule de bowling qui remue sans arrêts, et puis est-ce qu'elle ont du reflux gastrique les vaches?
Et puis maman, elle en a marre d'entendre qu'elle a la grossesse rayonnante. Non maman n'est pas rayonnante, maman elle a des boutons partout, des lignes bleues sur les seins, les chevilles gonflées, des valises noires sous les yeux, du reflux gastrique, des cheveux gras et des pellicules et maman a le teint blafard caché par un épais maquillage.
Maman elle en a marre d'être gentille, parce que là maman elle a envie d'engueuler tout le monde, d'être méchante et chiante, et elle l'est parfois -rarement- d'ailleurs. Faut pas l'approcher, faut pas lui parler, faut pas la toucher. Bref c'est maman-sens-interdit.
Et puis maman elle râle contre le principe même de la reproduction humaine.
Et puis maman, elle pleure à gros bouillon, tout le temps parce que tout ça...

- Oui mon boubou, elle a mal maman, alors sois gentil et descend de là tout de suite!

mardi 21 mai 2013

Ca aussi ça passera

Je suis fatiguée, je suis au bout du rouleau.
Sentir bouger ton petit-frère, n'arrive même plus à m'arracher un sourire.
Je te regarde courir dans un sens et puis dans l'autre et je me dis qu'il est bien loin le temps ou tu rampais à peine avec ta petite balle comme soutien-menton et je soupire. Je soupire de fatigue et c'est malheureux.
Comment font-elles, ces autres, ces mères parfaites à l'allure toujours impeccable, sans trace de morve sur les épaules? Comment elles font pour regarder avec amour et tendresse leur ainé qui éclatent leurs jouets dans tous les coins en hurlant, pendant que le petit dernier en fabrication s'agite en elles en prenant bien soin de bien viser la vessie?
Comment font-elles pour préparer chaque soirs des repas sains et diététiques? Comment font-elles pour que leurs moutards ne connaissent ni le Ketchup, ni les frites, ni le sucre, ni même le mot bonbon?
Comment font-elles pour dire que la maternité à fait d'elles des Femmes? Que la maternité c'est tout ce qui leur manquait? Qu'avoir des enfants c'est tellement naturel?
Ont-elles des psy, des coach de vie, des Super Nanny? Ont-elles des femmes de ménages à résidence, des cuisinières, des jeunes filles au pair, des mari qui font couler des bains chauds?
Et puis non de D. elles assurent encore au boulot...
Moi je surfe sur les sites tels que mères indignes, alors que je devrait absolument bosser dur et je me sens le temps d'une lecture moins coupable, moins sale de morve et de déjections diverses, mon salon me parait moins local de crèche un jour de fête et ma vie moins fichue.
Pourtant je t'aime Boubou et j'aime déjà ton futur petit-frère danseur de capoeira, c'est juste que là, je suis fatiguée, je suis au bout du rouleau mais ça aussi ça passera.

Et toi la mère parfaite, qui passe avec ton chiard aux couettes impeccables, sale P. de crotte de M. de bique, étouffes-toi avec ta chemise blanche ultra bright parfaitement repassée et va fa dans la malle à jouets de maïn fils -je crois qu'il doit y avoir des restes de la pizza de la semaine dernière- !

Ouh c'est méchant ça mais ça détend!

lundi 6 mai 2013

Chocolat mon amour

J'arrive à la crèche, je t'attends à la barrière, tu me vois...
Et tu recules, tu vas te cacher dans les jupes de la puéricultrices, tu me jettes des regards terrorisés et malheureux.
Le doute m'envahit: qu'ai-je fais? Que n'ai-je pas fait? Tu ne m'aimes plus? C'est vrai je suis une très mauvaise mère!? J'ai un horrible bouton sur le nez? Je suis dans la quatrième dimension?
La puéricultrice te demande si je suis bien ta mère ou si je suis la mère de Cosmo? Tu refuses de répondre, l'air complètement terrorisé et moi je m'enfonce dans mes doutes et pour la première fois j'ai presque envie de pleurer.
Et puis la puéricultrice se souvient et moi je respire à nouveau: elle avais promis à ceux qui rangent le foutu bordel de la crèche, du chocolat.
Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt? Je suis arrivée entre le moment du rangement et le moment de la récompense et de peur de ne pas recevoir ton précieux bout de chocolat, tu ne voulais pas partir avec moi.
Je suis rassurée! Ou pas? Comment oses-tu préférer du chocolat à ta mère? Même s'il s'agit de chocolat noir avec noisettes! Moi! Ta mère qui a eu attendu dix-huit heures à l'hôpital, qui s'est déchirée pour te mettre au monde...

En même temps, le coup du chocolat, pour que tu ranges derrière toi, c'est à envisager...

vendredi 19 avril 2013

D'une histoire à l'autre

C'est différent.
Il donne des coups de pieds ailleurs, il ne se réveille pas aux mêmes heures et ne me réveille pas aux mêmes heures.
Je n'ai pas envie des mêmes choses, j'ai plus envie de cornichons et de fruits frais. Je n'ai pas les mêmes angoisses.
Et puis maintenant tu es là et tu interfère dans l'équation.
Enceinte de toi, je pouvais me prélasser ça et là. Je n'étais pas obligée de nettoyer continuellement derrière toi. J'avais le droit de m'apitoyer sur mon sort et geindre à tout bout de champs. Je pouvais avoir mal au dos à mon aise et ne rien faire. Je pouvais respecter de ne rien porter, de ne pas trop bouger, de ne pas trop m'activer, de ne pas trop en faire et surtout de dormir tout ce dont j'avais besoin.
Il est loin ce temps là, elle est loin cette grossesse là.
Maintenant c'est du quasi militaire.
Tu jettes des objets par terre et à ma demande que tu les ramasse, tu reponds par un magnifique non, maman faire!
Je veux m'assoir sur une chaise qui m'a l'air bien confortable pour soulager mes douleurs lombaires et ta réaction est directe et sans appels non maman, mon place!
Je m'organise une grasse matinée, non maman debout!
Je veux du silence, maman musik
Je veux manger des gaufres, du chocolat, des bonbons, des biscuits, des cornichons et du saucisson, tout ça en même temps, moi aussi maman!
Je veux dormir, maman doudou!
Je veux regarder la télé, maman Mickey!
Je veux la paix, ou il est Mamuel? Ah il est là... Coucou!

Et ton père, n'en parlons pas... Et Lola non plus...

Vous partiriez pas en vacances? Juste quelques jours...
Non?

mercredi 27 mars 2013

Pourquoi perdre son temps à pondre?

Avoir des enfants, ce n'est pas juste souffrir pendant neuf mois, voir son corps changer et négocier avec ses hormones, c'est aussi fabriquer l'être le plus parfait au monde et l'aimer avant même de voir sa frimousse.
Avoir des enfants, ce n'est pas juste être réveillé trop tôt le matin, c'est aussi les trouver si beaux quand ils dorment. C'est aussi s'emerveiller devant cette bouche entre-ouverte, ces petits doigts qui se referment autour du doudou, le mouvement de la tutute.
Avoir des enfants, ce n'est pas juste s'inquiéter de leur avenir, c'est aussi faire des rêves avec eux. Des rêves de tu feras ce que tu veux, tu le peux!
Avoir des enfants, ce n'est pas juste craindre qu'il leur arrive des malheurs, c'est aussi partager leur bonheur devant la neige, un biscuit, une glace ou un camion qui passe dans la rue.
Avoir des enfants, ce n'est pas juste veiller à ce qu'ils soient propre, qu'ils aient à manger ou à boire, qu'ils se soient brossé les dents, c'est aussi, inventer des rituels et des jeux pour que les brocolis paraissent aussi bon que les bonbons planqués dans le tiroir, pour que le brossage de dents devienne un jeu des plus rigolo.
Avoir des enfants, ce n'est pas juste notre vie qui s'arrête, c'est aussi notre vie qui commence mais en différent.

Je dis ça, parce que visiblement, il y a encore des gens qu'il faut convaincre...

lundi 18 mars 2013

Horraire de nuit

Deux heures du matin, il y a petit frère qui se croit au festival de Hard Rock.
Cinq heures du matin, voila qu'il danse un pogo
Six heures du matin, tu t'obstines à boire un verre d'eau couché dans ton lit et je suis obligée de te changer.
Six heures trente, doudou est en bas de ton lit et quitte a ce que quelqu'un vienne te le remettre dans les bras, autant que ce soit moi.
Six heures quarante-cinq, tu n'as plus sommeil.
Moi si!

jeudi 7 février 2013

Tristesse pressée

Je ne t'avais jamais vu aussi triste mais je t'ai laissé là, derrière la barrière et je suis partie, parce que comme une conne j'étais pressée d'aller travailler parce qu'il le faut et puis c'est bêtement tout.
Pourtant je suis là, les larmes aux yeux, parce que je ne t'avais jamais vu aussi triste. Elles t'ont donné une peluche et des biscuits pour te rendre ton sourire légendaire mais tu voulais rester avec moi. Tu ne pleurais pas, tu ne geignais pas, tu avais juste ce regard si triste et ça me bouleverse encore maintenant, des heures après.
Mais tu comprends, moi je suis pressée, moi je dois aller travailler, moi j'ai des priorités et des obligations... Je saurai me faire pardonner ce soir...
... Seulement si c'est encore pardonnable...
Sois pas triste Boubou, nous allons faire la révolution, nous allons nous indigner, nous allons manifester pour que les mamans et les papas du monde entier n'aient plus jamais à travailler, afin qu'ils puissent rester avec les enfants qu'ils ont tant désirés. Nous allons faire la grève de la faim, la grève de la couche sale, la grève de tout ce que tu veux mais nous allons leur dire notre manière de penser: non aux yeux triste des enfants qui regardent leur parents pressés!

vendredi 12 octobre 2012

Je suis un homme comme maman

Je mets du crayon

Ossi!

Je te mets du crayon

Je mets de l'eyeliner

Ossi!

Je te mets de l'eyeliner

Je mets de l'anticerne

Ossi!

Je te mets de l'anticerne

Je mets du blush

Ossi!

Je te mets du blush

Et puis j'ai fini et je ferme l'armoire

Encore!

Non Sam, c'est fini, on a fini de se maquiller toi et moi.

Tu pleures, tu dramatises, tu hurles à la mort en montrant mes affaires de maquillage et moi je me demande si je ne devrais pas commencer à me raser la barbe, juste pour ton équilibre!?

Mais c'est avec les cils bien noirs, la peau du visage bien unifié et les pomettes légèrement relevées de couleur que tu arrives fièrement à la crèche. Alors, soit!

mardi 4 septembre 2012

Dignité un point c'est tout

Parfois, il faut dire les choses plusieures fois, parfois il faut être dur pour que le message s'impregne.
Avant cette discussion je voyais les choses simplement. Je les voyais de mon côté. Tout était blanc ou noir: je ne veux pas mourrir, quoiqu'il arrive maintenez-moi en vie.
On avait bu, j'avais peut être plus envie de parler de la grognasse qui animait nos conversation trois minutes avant et puis on en est venue là, et j'ai écouté.
Elles m'ont confiée leur desarroi devant la maladie et la souffrance de leurs parents, de ce qu'elles ont du endurer et les choix difficiles qu'elles ont du faire. Leurs moments de recul, de doute, de peur. La force qu'elles ont eue, l'instinct de survie, la protection d'elles-même.
Et puis j'ai pensé à Barton, et puis j'ai pensé à toi.
Peut-être que j'ai peur de la mort, à m'en rendre hypochondriaque mais après avoir entendu leurs histoire, j'aurai encore plus peur de t'infliger ma mort, longue, lente et pénible tout en te laissant le choix de me maintenir en vie encore un peu, encore quelques semaines, encore quelques jours, encore juste une minute.
Je ne parle plus de ma dignité face à la mort, mais de ta dignitité face à ma mort. Je ne parle plus de ma souffrance mais de la tienne, alors maïn fils, si un jour on doit passer par là, saches que tu n'auras pas le choix, je me batterai tant que c'est possible et puis quand ils diront que c'est fini, je partirai et c'est tout.

mercredi 27 juin 2012

Tu seras un homme mäin fils

Si un jour lointain, j'oublie que je n'ai rien à faire dans ton couple. Que je t'impose une manière d'éduquer tes enfants, ou de les soigner. Si un jour, je fais comprendre à ta femme d'une manière ou d'une autre, qu'elle n'est pas aussi bonne mère que je l'ai été. Si sans le vouloir vraiment, je tente de prendre sa place dans le coeur de tes enfants, en la mettant de côté ou même, en l'ignorant. Si tout simplement, je la nie, un jour, en tant que mère, j'espère que tu auras assez d'amour et de tendresse pour elle et tes enfants, pour me remettre à ma place. Et j'espère surtout, que j'aurai suffisement d'intélligence pour le comprendre et faire ce qui est nécessaire pour que chacun reprenne sa bonne place.
Ce n'est pas facile d'être la mère d'un garçon, c'est dur j'imagine de le voir grandir, partir, s'éloigner de sa mère pour une autre femme et fonder sa propre famille. Ca doit être dur d'être releguée au second plan, de ne plus être l'unique femme idéale dans le coeur de son fils. Mais j'imagine que quand un fils grandit, une mère doit grandir en même temps. Et ça j'en suis certaine, ça fait mal.

lundi 9 janvier 2012

La neutre sacralité de l'espace

Il y a quelques années, nous emménagions. Des espaces épurés, du blanc et encore du blanc. On avais réussi à se convaincre, que ce sont les rares objets disposés ça et là, qui donneront une jolie teinte colorée à nos murs blanc.
Il y avait son espace, mon espace et notre espace commun. Chacun vivait dans son espace sans trop empiéter sur l'espace de l'autre et nous nous fachions si l'un de nous osait investir la neutre sacralité de l'espace commun.
Avec l'arrondissement de mon ventre, des objets nouveaux et ne trouvant pas trop leur place au sein de cette sainte découpe de l'espace. Alors on plaça, le combi-nacelle-poussette dans le couloir et le parc dans le salon, ouf, l'espace commun reste l'espace commun. Qu'on soit deux ou trois, l'espace commun, c'est l'espace commun.
Une ébauche de nouvel espace à commencer à se créer, ton espace.
Et puis tu es né et au fil du temps ton espace à commencer à se mouvoir vers notre espace commun et de l'espace commun vers son espace et vers mon espace. Et toi tu te déplaces, avec un tel naturel entre tous ces espace, que pour finir, tout les espaces s'en retrouvent mélés, mélangés, malaxés.
Avant d'éteindre la lumière pour monter me coucher, mon regard se pose, sur tes nombreux jouets déposés en vrac dans une malle devant le meuble-buffet, l'énorme barrière blanche qui encercle quasiment définitivement notre si bel escalier en colimaçon métallique, les bics et feuilles de dessin eparpillés, mon livre plein de tes gribouillages, ton Donald en peluche trônant sur le canapé, un verre en plastique Cars à moitié plein et un biberon vide sur la table, ta tutute dans la tasse à café de ton père, Lola sur ta couverture. J'éteins la lumière, rassurée, maïn fils, tu nous à définitivement changés, en mieux, en une famille.
Merci.

lundi 21 novembre 2011

Plus tard je veux être heureuse

Le matin, tout doit être fait vite-vite. Je te réveille avec un biberon chaud, je prends une douche-minute, je t'habilles en quatrième vitesse, un café vite enfilé, tes vitamines, ta veste et hop dans la voiture. Vite harnaché, vite les embouteillages, vite une place, vite expédié le boubou dans les bras d'une puéricultrice et vite-vite à nouveau dans les embouteillage pour être vite-vite au bureau. Et puis voilà que sur le coup de quatre heure, je me demande dans quelle peau je suis. Jamais vraiment dans ma peau de maman, jamais tout à fait dans ma peau de femme active et encore moins dans ma peau de femme.
J'ai parfois cette douloureuse impression de ne jamais être tout à fait présente quand je suis avec toi. Un peu comme si je passais à côté de toi, sans te voir. J'ai l'impression d'être au bureau en regrettant de ne pas t'avoir bien considéré au matin et quand je suis avec toi, je culpabilise d'avoir laissé en suspens un dossier important et quand je suis avec ton père, je laisse les distances s'installer de peur de perdre mon temps que je devrais te consacrer à toi ou au boulot.
Ma seule motivation dans la vie avait toujours été d'être heureuse, je voulais une carrière dans le bonheur et je me rends compte que je suis totalement à côté de la plaque. A force de vouloir être parfaite autant, en tant que femme, que mère et que bosseuse, je suis devenue une demi-maman-femme-workeuse.
J'aimerai pouvoir prendre le temps de te le dire et d'en être désolée mais il faudrait d'abord que je sache exactement ce que je veux. Il faudrait d'abord que je me rapelle ce discours tenu à mon père, il y a des années: papa, je ne veux pas être comme toi, je ne veux pas être toi, moi je veux être heureuse!
J'ai du me perdre en route quelque part à un croisement quelconque.

vendredi 28 octobre 2011

Non maman n'est pas grosse, elle est pratique!

Maintenant, je sais à quoi servent ces horribles hanches trop larges: porter les gros boubous-de-plus-de-dix-kilos sans trop forcer sur les bras et le dos.
Donc, merci Dieu -ou Dame Nature- de m'avoir pourvue de hanches bien larges et bien grasses, je suis à présent votre éternelle obligée. 

mardi 20 septembre 2011

Qu'est-ce qu'on s'éclate

Je n'aime pas qu'on me touche, je ne supporte pas la bave des autres, ni les haleines. J'ai la phobie des pieds, surtout des pieds froids. Les bisous mouillés m'insupportent et la vue d'un nez qui coule me donne envie de vomir.
Alors qui aurait pu croire qu'un jour je me retrouve là, assise par terre, complètement hilare, dégoulinante de soupe aux choux-fleurs et brocoli?
Tu as découvert comment faire un magnifique brouillard de soupe et ça t'éclates complètement; et en fait, moi aussi.
Et aussi étonnant que cela puisse paraître, j'adore quand tu viens coller ton petit visage plein de bave et de morve contre le mien, j'adore embrasser tes petits pieds et tes petites mains collantes. J'adore quand tu essayes de fourrer tes doigts dans ma bouche pour attraper à tout prix mon piercing et j'adore cette cascade de bave, quand tu ris aux éclats. Mes manches sont pleines de morve, parce que je suis toujours à court de mouchoirs pour sauver ton petit nez. Mes vêtements sont pleins de traces de coulées de bavouilles, de regurgitations diverses, parce que j'aime plus que tout, t'avoir lové tout contre moi.

Et qu'est-ce que ça m'éclate, moi aussi.

mardi 22 juin 2010

Sacrifices

Je n'ai jamais changé une couche de toute ma vie.
Je pleure quand je m'égratigne.
Je suis loin d'avoir réglé mes tics, mes tocs, mes hystéries et mes dérèglements mentaux.
Je refuse même d'imaginer te préter mon Zola.
J'adore la télé, les grasses matinées, être seule et le Quick.

Mais quand je ne te sens pas bouger en moi pendant plus de cinq minutes d'affilées, je suis prête à jurer devant Dieu, que s'il le faut je lècherai ta couche, m'écorcherai vive, embrasserai les pieds de mes ennemis, sacrifierai Zola sur l'autel, revendrai la télé, foutrai une bombe au Quick, juste pour que tu vives, te développes, naisses et grandisse, que tu sois heureux toute ta vie et que rien jamais ne vienne te déchirer le coeur.

Je te reparlerai de ces sacrifices de bonne mère Juive quand tu me contrediras pour la première fois, quand tu refuseras de débarasser la table, quand tu amèneras ta première copine à la maison et surtout le jour où tu partiras voler de tes propres ailes!

jeudi 3 juin 2010

Don de soi

J'ai entamé la décoration de ta chambre, je vais fouiller dans la cave pour te trouver des trésors...
Des trésors dans ma cave? Mes petits trésors à moi?
Ah, partager mes petits trésors avec toi?
Partager?
Non, te donner mes petits trésors chéris!

Donner...

Je t'ai déjà dis que j'étais enfant unique?

Partager, donner, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire usuel!

Bon alors qu'est ce que ce que tu penses de cette magnifique peluche klappar flodhäst à 7,99€ de chez Ikea?

dimanche 30 mai 2010

Trocs


Ayé, j'vois plus ma titi!

Comment j'en suis arrivée à dire ça et même à en être super fière?

Il est loin le temps des TD's, du Créma, des strings échancrés, des débardeurs hyper top sexy, de la drague à deux balles, des piercings fluorescents...

J'ai tout troqué contre des grosses culottes en coton qui prennent bien les fesses et le ventre et que je garderai bien pour mes quatre-vingt ans.

La bonne Pils contre le verre de lait, la cuite dont on a du mal à se relever contre les migraines de plus six heures, la petite salade de j'fais régime contre un hamburger, des churros et une glace triple crème, le ayé j'rentre dans ce super top jeans trois tailles trop petit contre ayé, j'vois plus ma titi!

Mais tu sais quoi maïn fils? Eh bien je ne regrette rien!

jeudi 22 avril 2010

Amusements internes

Marian dit que si je vomis c'est parce que tu grandis.
Moi je t'imagine plutôt faire mumuse avec les organes internes de maman.
Alors, mon ami, au nom de l'amour inconditionnel d'une mère pour son fils, tu te poses et t'ouvres grand tes écoutilles.
La vessie de maman, n'est pas un ballon d'eau à balancer par le balcon.
Les intestins de maman ne servent pas de corde à sauter.
Le côlon de maman, n'est pas un sac de sable pour boxeurs.
L'estomac de maman, n'est pas un oreiller dernier cri avec musique intégrée.
C'est clair?

Ca c'est de l'autorité, quelle éducation, ça c'est bien la maman à son fifils!

mardi 20 avril 2010

Volcanisme

On ne parle que de ça, ce fameux volcan islandais qui crache depuis des jours et des jours une épaisse fumée qui voyage partout en Europe.
Mais moi, je vais encore te parler de moi. Je vais te parler de mes petits volcans à moi:

ils sont plus nombreux qu'en Islande et bien plus disgracieux. Ils recouvrent mon visage, mon dos et mon décolleté. Ils m'empoisonnent l'existance et me rapellent de bien mauvais souvenirs d'adolescence.

Normalement à ce stade, dans tous les bouquins, ils le disent, ma peau devrait être plus comparable à une pêche qu'à l'Islande.
Pourtant je peux y lire en braille, que mon cas est désespéré!

Rigoles pas, tu verras dans quinze ans! On en rediscutera en allant à la pharmacie, t'acheter ton premier Biactol!