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mardi 6 septembre 2016

Nos matins bleus

Bon! Fils, toi et moi, nous ne sommes pas du matin. 
Je vois que tu acquiesces. Très bien.
Donc, étant donné que ni toi ni moi ne sommes en phase pour des politesses et des sourires béats, jouons le jeu à fond. 
Moi le matin, j'ai envie de t'éventrer et toi le matin, tu as envie de m'égorger, soit! 

Evitons-nous.

Alors de sept heures à huit heures, je te propose de te lever, d'aller faire pipi, de choisir de beaux vêtements ou juste des vêtements à ta taille, de te brosser les dents, de te faire ton petit déj'. 
Ah oui, étant donné que je n'ai pas la patience pour toi, je n'en ai pas plus pour petit frère, donc, je te propose, une fois que tu auras accompli toutes ces tâches, de réveiller ton petit frère, de le mettre sur le pot, de lui brosser les dents, de l'habiller et de lui préparer son petit-déjeuner, pendant que moi, je me prélasse dans un bain et que je fais couler mon café en surfant sur le net...

Ah oui, tu n'es pas plus du matin que moi, oui, on a un problème... Laisses-moi trente secondes trouver une alternative à notre plan.

Fils, deuxième du nom, oui toi, le blondinet, celui qui est toujours cool et de bonne humeur et qui respire la joie de vivre dès le réveil, alors écoutes-moi bien. Pendant que le grimlinz et la mère du grimlinz dorment encore, on a quelques petites missions pour toi...
Pour démarrer la voiture, on fera un petit stage d'apprentissage à la Toussaint...

jeudi 5 février 2015

Vouloir!

Le biscuit est cassé alors tu n'en veux plus.
Je te regarde te débattre en vociférant. Tu en veux un autre, un qui n'est pas cassé.
Tu veux, encore et encore tu veux.

Et de là j'extrapole sur ma propre vie, sur ta vie future.

Je veux aussi des tas de choses et surtout tout à la fois, tout comme tu le voudras aussi.
C'est bien de vouloir. Sauf qu'il faut savoir faire la différence entre vouloir et vouloir en sachant qu'on ne peut pas tout avoir.

Il m'aura fallut plus de trente ans pour le comprendre, il te reste donc vingt-six ans et des poussières pour pleurer sur tes biscuits cassés.

mercredi 8 octobre 2014

Autant le savoir et vite!

Pour des causes politico-linguistiques-et-pas-que, Raphaël va devoir se passer de ces filles formidables qui l'ont bercé, chouchouté, choyé, mordillé, pouponné, bisouté et j'en passe...

Oui mais madame, elles n'ont pas le diplôme, oui mais madame, elles n'ont pas 2.4 en néerlandais, oui mais madame vous vous rendez-bien compte que dorénavant il y aura pleins d'activités différentes dans cette crèche, et des infirmières diplômées. En fait, nous sommes obligés de n'engager plus que des filles à diplôme...

Mais moi j'en ai rien à foutre... Raphaël n'en a rien à foutre qu'elles aient un diplôme pour foutre un thermomètre dans son cul. Elles peuvent même prévoir activité panda ailé, que cela ne changerai rien.
Raphaël il ne veut pas d'une pédo-psy-infirmière-à-ses-heures-assistante-sociale-ou-maternelle, lui il veut une Sylvia qui lui mord les fesses et qui cache des bonbons dans son sac pour son grand-frère, une Farhat ou une Blandine qui se bat pour lui donner à manger.
Et moi, je vais leur faire bouffer leur rapport qui me confirme que mon enfant est bien dans la bonne courbe de développement moteur ou cérébral avec un système à points.
Moi, en fait, ça me suffit de savoir que Raphaël il a été chiant aujourd'hui, qu'il a pleuré de jalousie quand Farhat a prit Valentin dans ses bras et qu'il a mangé deux repas parce qu'il avait trop faim.
Moi je ne veux pas qu'elles partent, moi je ne veux pas qu'elles soient obligées de faire une formation pour un métier qu'elles connaissent finalement mieux que quiconque!
Mais ce que je veux ou ce que Raphaël veut, c'est pisser au vent, c'est juste une question politico-linguistique-et-pas-que, finalement autant s'y habituer dès la crèche...

mardi 22 avril 2014

Des nuits trop longues

La porte s'ouvre avec grand fracas. Toutes les lumières s'allument. Tu apparaît devant nous, un pied déjà dans notre lit. Je m'arrache à mon super rêve plein d'aventures et je lève ma vieille carcasse endormie.
Deux heures du matin.

- Quoi? Quoi? Qu'est-ce qu'il y boubou, il y a le feu? Quelqu'un est mort? Des voleurs?
- Maman... Raphaël, il fait des prouts!
- ah, c'est pour ça...
- Maman, je veux pas dormir seul
- Mais tu n'es pas seul, il y a Raphaël... et ses prouts. Bonne nuit mon boubou.

C'est vrai qu'elles étaient trop longues nos nuits, depuis que Raphaël passe enfin les siennes...

mardi 25 mars 2014

Méthodes d'éducation

Situation: sur le trajet pour aller chercher Raphaël à la crèche:
- Maman, je veux pas y aller, veux rester dans la voiture!

Premier essai: méthode du parent qui s'intéresse aux désirs et envies de son enfant:
- Mais pourquoi mon chéri?

Invention d'une excuse niveau première maternelle:
- Parce que j'ai peur, elle est méchante la crèche, vais le dire à la police et le monsieur est méchant, là maman, tu le vois?

Deuxième essai: méthode de la mère qui s'inquiète un minimum pour son enfant:
- Mais, je n'aime pas te laisser tout seul dans la voiture, même pour quelques minutes.
- Mais j'suis grand moi maman, vais pas faire des bêtises, vais rester sur mon siège, vais pas enlever la ceinture.

Troisième essai: méthode des bouquins super à la mode de communication non violente de mes fesses que j'avais jetés à la poubelle mais récupérés et rejetés à la poubelle et re-récupérés et que je vais finir par foutre au feu.
- Je comprends mon chéri, tu dois être très fatigué après une journée entière à l'école. Je suis sure que les filles de la crèche seront tellement heureuses de te voir et toi tu seras tellement heureux de pouvoir leur raconter ta journée.
- Non! Veux rester dans la voiture!

Quatrième essai: méthode la mère juive:
- Tu vas venir avec moi, un point c'est tout! C'est maman qui décide! Tu veux quoi? Tu veux tuer ta mère ou quoi? Tu veux qu'elle ait des palpitations à son cœur? Tu veux que ta maman aille chez le docteur parce qu'elle a eu trop peur pour son tout petit ingele d'amour? Aïe, les enfants, vous leur donnez tout et ils osent vous répondre non! Quelle ingratitude!

Résultat:
Tu es resté dans la voiture.

mardi 11 mars 2014

Le réveil

Depuis que tu peux ouvrir les portes tout seul, tu vas aux toilettes le matin, tu te ballades dans la salle-de-bain et tu fini toujours dans notre lit endormi.
Discrètement, subtilement -en fait pas du tout- tu te glisses entre nous. Tu te fais ta place, ton petit nid, lové entre nous. Avec deux-trois coups de pieds, tu finis de faire ta place.
Tu attrapes la télécommande et tu zappes jusqu'à trouver le dessin-animé idéal, toujours un truc calme et adapté -en fait pas du tout-
Et moi je fais semblant de n'avoir pas été réveillée en fanfare, je fais même semblant d'encore dormir un peu.
Et puis tu nous parles -enfin tu nous hurles- et la machine à paroles se met en branle et plus moyen de faire semblant, il faut te répondre par des aah ooh aha mhh oui non ah bon c'est bien chouette ça mouis...
Et puis les oiseaux coincés dans le réveil se mettent à chanter et tu hurles le réveille sonne! Debout!
Oui merci je ne l'avais pas entendu.
Et je me souviens de moi, sautant dans le lit de mes parents, les implorants de m'allumer la télévision, les jours de semaine autant que le week-end.
S'ils ont réussi à ne pas m'encastrer dans le mur, peut-être que nous pourrions éventuellement, y arriver aussi.
Soupir.
C'était comment encore la vie d'avant?

vendredi 15 novembre 2013

Oui moi aussi je t'aime boubou!

Pour des raisons de logistique, tu dois prendre ton bain avec moi.
- Non pas le bain avec maman, elle pique maman. Aller maman, sors!
- Oui moi aussi je t'aime boubou!

Je te gronde dans la voiture -j'ai déjà oublié pourquoi-
- J'aime pas maman, elle est méchante, je veux une autre maman!
- Oui moi aussi je t'aime boubou!

Je viens te chercher à l'école.
- Elle pu-du-ku maman!
Et ça devant tout le monde!
- Oui moi aussi je t'aime boubou!

Je te gronde pour une sombre histoire d'objet volant tout à fait identifié.
- Sors d'ici, je veux plus te voir à la maison maman!
- Oui moi aussi je t'aime boubou!

J'explique à ton père, qu'il est grand temps que j'aille chez le coiffeur.
- Oui maman a des araignées dans les cheveux. Beeerk!
- Oui moi aussi je t'aime boubou!

Mais tout est pardonné quand sort de ta bouche cette magnifique phrase, tout en rondeur et en douceur:
- T'aime ma maman.
- Oui moi aussi je t'aime boubou!

lundi 1 juillet 2013

Mal

- A mal maman?

Non maman n'a pas mal, maman elle n'en peux plus, maman elle va exploser.
Maman elle se traîne du lit au canapé, du canapé au bureau et puis à la crèche en passant mille fois par la cuisine et elle finit comme une crêpe à nouveau dans son lit. Puis maman elle dort plus, non elle vous écoute ronfler toi et ton père, et puis elle vous écoute râler parce que maman a encore fait trop de bruit cette nuit.
Maman elle rate toutes les fêtes sympas parce qu'elle boit pas maman, parce qu'elle est fatiguée maman et parce qu'elle a des contractions maman, et parce qu'elle est trop grosse maman.
Maman, elle craque tous ses pantalons parce qu'elle doit ramasser tes jouets et les chaussures de papa qui traînent, et ses chaussures à elle aussi d'ailleurs. Maman elle se prend tous les chambranles de portes, parce que d'une minute à l'autre son ventre n'a plus la même taille, on lui dira d'ailleurs à petit-frère d'arrêter de se tortiller.
Maman elle a des contractions, alors elle prend des médicaments qui donnent le brulant et une furieuse envie de dodo, alors maman oublie ses médicaments et puis elle n'a plus le brulant mais à nouveau des contractions, alors maman reprend ses médicament et y rajoute de l'anti-reflux et beaucoup de café.
Maman commence à en vouloir à cette p... d'Eve, c'est de sa faute après tout! Tu enfanteras dans la douleur, tu l'as dit bouffi! Et puis maman elle jalouse les vaches, c'est vrai, leur petit veau à peine né, il marche déjà tout seul et vient se nourrir tout seul et puis est-ce qu'elle ont seulement conscience que ça fait un putain de mal de gueux que d'avoir une boule de bowling qui remue sans arrêts, et puis est-ce qu'elle ont du reflux gastrique les vaches?
Et puis maman, elle en a marre d'entendre qu'elle a la grossesse rayonnante. Non maman n'est pas rayonnante, maman elle a des boutons partout, des lignes bleues sur les seins, les chevilles gonflées, des valises noires sous les yeux, du reflux gastrique, des cheveux gras et des pellicules et maman a le teint blafard caché par un épais maquillage.
Maman elle en a marre d'être gentille, parce que là maman elle a envie d'engueuler tout le monde, d'être méchante et chiante, et elle l'est parfois -rarement- d'ailleurs. Faut pas l'approcher, faut pas lui parler, faut pas la toucher. Bref c'est maman-sens-interdit.
Et puis maman elle râle contre le principe même de la reproduction humaine.
Et puis maman, elle pleure à gros bouillon, tout le temps parce que tout ça...

- Oui mon boubou, elle a mal maman, alors sois gentil et descend de là tout de suite!

mardi 21 mai 2013

Ca aussi ça passera

Je suis fatiguée, je suis au bout du rouleau.
Sentir bouger ton petit-frère, n'arrive même plus à m'arracher un sourire.
Je te regarde courir dans un sens et puis dans l'autre et je me dis qu'il est bien loin le temps ou tu rampais à peine avec ta petite balle comme soutien-menton et je soupire. Je soupire de fatigue et c'est malheureux.
Comment font-elles, ces autres, ces mères parfaites à l'allure toujours impeccable, sans trace de morve sur les épaules? Comment elles font pour regarder avec amour et tendresse leur ainé qui éclatent leurs jouets dans tous les coins en hurlant, pendant que le petit dernier en fabrication s'agite en elles en prenant bien soin de bien viser la vessie?
Comment font-elles pour préparer chaque soirs des repas sains et diététiques? Comment font-elles pour que leurs moutards ne connaissent ni le Ketchup, ni les frites, ni le sucre, ni même le mot bonbon?
Comment font-elles pour dire que la maternité à fait d'elles des Femmes? Que la maternité c'est tout ce qui leur manquait? Qu'avoir des enfants c'est tellement naturel?
Ont-elles des psy, des coach de vie, des Super Nanny? Ont-elles des femmes de ménages à résidence, des cuisinières, des jeunes filles au pair, des mari qui font couler des bains chauds?
Et puis non de D. elles assurent encore au boulot...
Moi je surfe sur les sites tels que mères indignes, alors que je devrait absolument bosser dur et je me sens le temps d'une lecture moins coupable, moins sale de morve et de déjections diverses, mon salon me parait moins local de crèche un jour de fête et ma vie moins fichue.
Pourtant je t'aime Boubou et j'aime déjà ton futur petit-frère danseur de capoeira, c'est juste que là, je suis fatiguée, je suis au bout du rouleau mais ça aussi ça passera.

Et toi la mère parfaite, qui passe avec ton chiard aux couettes impeccables, sale P. de crotte de M. de bique, étouffes-toi avec ta chemise blanche ultra bright parfaitement repassée et va fa dans la malle à jouets de maïn fils -je crois qu'il doit y avoir des restes de la pizza de la semaine dernière- !

Ouh c'est méchant ça mais ça détend!

mardi 14 mai 2013

Je comtpe jusqu'à trois

- J'ai dit non Sam, tu descends tout de suite!
- Non!
- Je compte jusqu'à trois...

Première phase:
Tu descends tout de suite, je n'ai même pas le temps de terminer ma phrase que tu es déjà en bas, près de moi, me regardant avec amour et attendant bien sagement mon regard affectueux et plein de tendresse.

Seconde phase:
- Je compte jusqu'à trois et si j'arrive à trois avant que tu ne sois redescendu...

"Merde que disais le livre encore? Pas de punition impossible ou plus importantes que la bêtise elle-même, un truc du genre... "

    ... je ne mets pas la musique!

Et tu descends après une courte réflexion ou il t'apparaît plus qu'évident que si tu n'obéis pas immédiatement, tu en ressortirai perdant.

Troisième phase:
- Je compte jusqu'à trois et si j'arrive à trois avant que tu ne sois redescendu, je ne mets pas la musique! Ok, un, deux, ...
- Trois!

Et tu pars dans un fou rire, tu sais que de toutes manières si c'est pas maintenant la musique, ça sera pour dans une heure et tu as raison, j'ai une mémoire de poisson rouge en matière de punitions.

Ce qui nous mène donc à la phase quatre:
-Je compte jusqu'à trois et si j'arrive à trois avant que tu ne sois redescendu, non seulement je ne mets pas la musique mais en plus, je ne te donnes pas de biscuits. Et si j'arrive à quatre, je te prive de desserts. A cinq, pas de compote de pomme que tu aimes tant. Et si pour ton plus grand malheur, j'arrive à six, tu dors sans doudou et tutute ce soir!

Celui qui a écrit dans ce foutu bouquin, qu'on ne punit pas un enfant qui n'obéit pas, en le privant de dessert, ou de nourriture ou de doudou, n'a pas d'enfant! Parce qu'au final, expérimentation faite, rien de tel qu'une bonne menace de punition bien cruelle pour faire redescendre un enfant d'un escalier plus que dangereux! Et puis sinon, à quoi serviraient les psy?

A la phase cinq, je te jettes sous la douche froide, à bon entendeur, bisous!

Et pour la phase six, laisses-moi encore un peu de temps pour réflexion...

jeudi 9 mai 2013

Fête des mamuel

- Non Sam, ça c'est le cadeau que toi, tu dois offrir à ta maman, moi, pour la fête des mères.
- Cadeau Mamuel!
- Oui mais que Samuel doit offrir à maman!
- Non cadeau Mamuel Papa!

Oui je suis réellement en train de négocier le cadeau que tu as fait pour moi à la crèche!

- Oh non boubou, on ne l'ouvre pas maintenant, c'est pour dimanche, pour la fête des mères!
- Non cadeau Mamuel, mamuel ouvrir!

Voilà comment j'ai découvert mon cadeau de fête des mères un mercredi huit mai et comment mon cadeau a fini trônant dans ton espace de jeu.

lundi 6 mai 2013

Chocolat mon amour

J'arrive à la crèche, je t'attends à la barrière, tu me vois...
Et tu recules, tu vas te cacher dans les jupes de la puéricultrices, tu me jettes des regards terrorisés et malheureux.
Le doute m'envahit: qu'ai-je fais? Que n'ai-je pas fait? Tu ne m'aimes plus? C'est vrai je suis une très mauvaise mère!? J'ai un horrible bouton sur le nez? Je suis dans la quatrième dimension?
La puéricultrice te demande si je suis bien ta mère ou si je suis la mère de Cosmo? Tu refuses de répondre, l'air complètement terrorisé et moi je m'enfonce dans mes doutes et pour la première fois j'ai presque envie de pleurer.
Et puis la puéricultrice se souvient et moi je respire à nouveau: elle avais promis à ceux qui rangent le foutu bordel de la crèche, du chocolat.
Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt? Je suis arrivée entre le moment du rangement et le moment de la récompense et de peur de ne pas recevoir ton précieux bout de chocolat, tu ne voulais pas partir avec moi.
Je suis rassurée! Ou pas? Comment oses-tu préférer du chocolat à ta mère? Même s'il s'agit de chocolat noir avec noisettes! Moi! Ta mère qui a eu attendu dix-huit heures à l'hôpital, qui s'est déchirée pour te mettre au monde...

En même temps, le coup du chocolat, pour que tu ranges derrière toi, c'est à envisager...

vendredi 19 avril 2013

D'une histoire à l'autre

C'est différent.
Il donne des coups de pieds ailleurs, il ne se réveille pas aux mêmes heures et ne me réveille pas aux mêmes heures.
Je n'ai pas envie des mêmes choses, j'ai plus envie de cornichons et de fruits frais. Je n'ai pas les mêmes angoisses.
Et puis maintenant tu es là et tu interfère dans l'équation.
Enceinte de toi, je pouvais me prélasser ça et là. Je n'étais pas obligée de nettoyer continuellement derrière toi. J'avais le droit de m'apitoyer sur mon sort et geindre à tout bout de champs. Je pouvais avoir mal au dos à mon aise et ne rien faire. Je pouvais respecter de ne rien porter, de ne pas trop bouger, de ne pas trop m'activer, de ne pas trop en faire et surtout de dormir tout ce dont j'avais besoin.
Il est loin ce temps là, elle est loin cette grossesse là.
Maintenant c'est du quasi militaire.
Tu jettes des objets par terre et à ma demande que tu les ramasse, tu reponds par un magnifique non, maman faire!
Je veux m'assoir sur une chaise qui m'a l'air bien confortable pour soulager mes douleurs lombaires et ta réaction est directe et sans appels non maman, mon place!
Je m'organise une grasse matinée, non maman debout!
Je veux du silence, maman musik
Je veux manger des gaufres, du chocolat, des bonbons, des biscuits, des cornichons et du saucisson, tout ça en même temps, moi aussi maman!
Je veux dormir, maman doudou!
Je veux regarder la télé, maman Mickey!
Je veux la paix, ou il est Mamuel? Ah il est là... Coucou!

Et ton père, n'en parlons pas... Et Lola non plus...

Vous partiriez pas en vacances? Juste quelques jours...
Non?

jeudi 21 mars 2013

La boite à camembert hein!

Je viens te chercher à la crèche, on se dispute un peu, tu refuses de coopérer, tu te couches par terre et tu boudes. Je te traînes jusqu'à la voiture, je t'installe, passablement ennervée. Je m'installe à mon tour, toujours très ennervée, je mets la voiture en marche, je peste jusqu'au premier feu rouge et là, comble du Boubou, tu m'engueule.

- Oh Sam, la boite à camembert, hein!

Pour les non initiés au langage belge, pour les plus de soixante ans ou pour les moins de vingt-cinq ans, la boite à camembert, vient de ferme ta boite à camembert qui en des termes moins courtois veut dire ferme ta gueule ponctué d'un connard ou non, c'est selon. Ma foi, cette expression doit faire partie de notre inconscient collectif ou alors maïn fils est un génie, car il a compris tout de suite à quoi pouvais bien se réferer cette délicieuse expression, et pour preuve, il m'a répondu:

- Non, pas la boite à cacamabeber, la boite à tutute!

Et de là, nous sommes tous les deux parti dans un fou rire pas du tout contrôlé.
Notre premier fou rire partagé...

lundi 18 mars 2013

Horraire de nuit

Deux heures du matin, il y a petit frère qui se croit au festival de Hard Rock.
Cinq heures du matin, voila qu'il danse un pogo
Six heures du matin, tu t'obstines à boire un verre d'eau couché dans ton lit et je suis obligée de te changer.
Six heures trente, doudou est en bas de ton lit et quitte a ce que quelqu'un vienne te le remettre dans les bras, autant que ce soit moi.
Six heures quarante-cinq, tu n'as plus sommeil.
Moi si!

lundi 11 mars 2013

Méchants parents

Ca y est, je l'ai dit!
On va donner tous tes jouets à un autre enfant qui en aura peut être plus besoin que toi et qui ne passera pas son temps à les casser.
Tu m'as regardée avec le doute dans tes yeux. Et moi je t'ai regardée pleine de honte.
Cette horrible phrase pleine de colère et de culpabilité, autant pour toi que pour moi, me brûle encore les lèvres.
Je crois n'avoir jamais rien dit d'aussi horrible, humiliant et culpabilisant. Alors pardon boubou, je ne donnerai jamais tous tes jouets et je m'excuse pour toutes nos autres phrases du genre, tu es méchant, tu le fais exprès, etc.
Je t'autorise à en parler à ton psy d'autant plus que ça sera certainement moi qui le paierai celui-là!
Cependant, je suis particulièrement fière de moi, j'ai réussi à ne pas dire qu'on allait donner tous tes jouets à ton petit-frère à naître... Alors? Tu salues l'effort?

jeudi 22 novembre 2012

Fait divers

Oh mais qu'est ce qui t'es arrivée? Ton nez?

Cette phrase je l'ai entendue tout la journée.

Voici la vérité: tu es un monstre sanguinaire tueur de maman.

Hum, oui, j'ai voulu brosser les dents de Sam, il n'a visiblement pas apprécié et il s'est rué sur mon nez. Il y a planté ses petites griffes acérées et il m'a lacéré le nez. Oui je sais, c'est moche. L'infection me pendait au nez -c'est le cas de le dire- alors fouillant avec frénésie la pharmacie familiale, je n'ai trouvé que de l'éosine rouge et des sparadraps Mickey, je me suis dit que ça fera l'affaire pour m'éviter une mort certaine suite à une scepticémie violente. Vous savez, j'aime mon fils mais j'ai peur.

De toi à moi petit monstre, fais gaffe, moi je mords!
Et puis mon père il est policier et il te mettra dans une grande prison!
Na!

lundi 8 octobre 2012

Le cycle de la vie

Ta grand-mère m'avait dit j'espère que tes enfants te feront tourner en bourrique comme tu me fais tourner en bourrique. Et je disais d'abord j'aurai même pas d'enfants.

Bon, soit, perdu, j'ai eu un enfant. Et bon soit, encore, oui, tu me fais tourner en bourrique.

Là tu vois, ta grand-mère fait la jigue de nananinanère.

Donc boubou, je crois qu'elle et toi avez mis au point un plan d'attaque, parce que ça sent trop la vangeance:
cette espèce de capacité de foutre un salon sans dessus-dessous en même pas cinq secondes, ça c'est du moi petite!
Le jeté d'assiette, ça c'est du moi petite!
Le mama mama mama mama mama mama mama mama mama mama à toute heure du jour et de la nuit, ça c'est du moi petite!

Alors, vous deux, ça suffit, stop! C'est bon j'ai compris, je transmets le message à moi petite!

Cordialement!

lundi 3 septembre 2012

Rentrée 2013 des maternelles, sang, sueurs et caca dans le pot

- Oui Madame, votre fils est bien troisième sur la liste d'attente pour la rentrée pâques 2013.
- Oh mais nous voulions le faire rentrer en septembre 2013.
- D'accord mais il n'aura dans ce cas pas de place assurée pour septembre.

Rapide calcul et la sueure qui s'écoule lentement...
Une rentrée dans six mois?

Non, j'avais prévu une année toute entière. Une année, c'est long. Une année de bisous méditeranéens chaleureux, une année de carnets annotés de scelles normales à 10h, cabillaud, petits pois et purée à 11h30 et sièste à 14h, une année pour avoir des contrendu détaillés de tes humeures au fil des heures, de tes déboirs avec tes petits camarades et de tes punitions sur la chaise haute ou tu t'éclates finalement comme un fou.
Une année avec Théo, Cosmo et Alba...
Une année c'est long et j'aurai pu prendre le temps de m'y faire, de te préparer au changement, de nous préparer tous au changement.

Donc maïn fils, il te reste six mois pour apprendre à faire caca dans ton petit pot rouge.

vendredi 17 août 2012

Cadeaux pourris et autres délicatesses

Voilà, on y est, tu m'as offert mon premier cadeau pourri.
Ayant pris l'habitude de te voir ramasser des trucs par-terre et venir adorablement me les offrir, de prime abord je ne me suis pas méfiée quand je t'ai vu t'approcher avec ton sourire angélique, ton auréole et tes ailes. C'est droit dans les yeux que tu m'as regardée pour déposer ton présent dans le creux de ma main. Et c'est une main sur la cuisse que tu es parti dans une crise de fou rire, suite à mon hurlement, une fois l'horreur du présent découvert: un insecte suintant et gluant à moitié mort.
Je t'aime boubou, mais avoues, il était tout pourri ton cadeau!

Comment il sait que j'ai une peur bleue des insectes et autres rampants?